Histoire

Destin Bourgogne et Or (4) – Santana Moss

Destin Bourgogne et Or

4 : Santana Moss, Cowboy Killer

 

Quatrième épisode de « Destin Bourgogne et Or », l’occasion de revenir sur la carrière d’un joueur qui a marqué la franchise ces dernières années et qui vient de lui dire adieu. J’ai nommé Santana Moss. malgré ses presque 36 ans il a assuré pouvoir encore jouer une saison, il n’est donc pas encore officiellement retraité mais selon toute vraisemblance les Redskins ne feront pas appel à lui (à moins peut être de blessures en cours de saison). Dans tous les cas Moss est un joueur marquant de la franchise, et en pas moins de 10 saisons à Washington DC, ce joueur passionné aura pu laisser son empreinte dans la capitale.

Né en Floride, à Miami, c’est tout naturellement dans l’université de la ville qu’il fait ses armes, ouvrant la voie à un certain Sean Taylor. Il est un de ces exemples qui confirment que la Floride est la plus grosse terre de Football aux USA et une grosse ressource en talents. Excellent receveur, Moss est également un bon athlète universitaire, performant sur le saut en longueur.

Si il n’avait plus cette image à la fin de sa carrière, c’est comme un joueur avant tout capable de big plays grâce à sa vitesse (4’31 » au 40yds du combine) qu’il débarque dans la ligue en 2001 après avoir été sélectionné par les Jets en 16ème position.

Santana Moss

Santana Moss

Difficile de se faire un prénom en NFL quand on est receveur et qu’on s’appelle Moss au début des des années 2000. Randy Moss surclasse la ligue, mais Santana, si il n’est pas au niveau du précédant cité, reste un receveur très productif. Et après quatre saisons à New York, les Redskins vont le chercher en procédant à un échange. Il arrive dons à Washington pour la saison 2005 et va enchaîner 6 saisons pleines où il s’impose comme un leader de l’équipe.

Sa première saison dans la capitale est la meilleure, il réceptionne pour 1483 yards et 9 touchdowns. C’est tout simplement le plus gros total de yards jamais enregistré par un receveur de la franchise en saison régulière. Malheureusement, les résultats collectifs ne suivent pas forcément durant son séjour chez nous.

Son moment de grâce arrive le 2 décembre 2005 face aux Cowboys lors du Monday Night Miracle. Les Redskins, en grosse difficulté dans la rencontre sont menés 13-0 par Dallas jusque dans les dernières minutes où le quarterback Mark Brunell trouve par deux fois son receveur pour offrir la victoire à son équipe 14-13 dans ce match de rivalité. Tel un Desean Jackson, il prend par deux fois la défense de vitesse et assomme les texans.

A partir de 2011 son rôle est de moins en moins important, il est relégué dans le slot puis encore plus loin dans la hiérarchie.

En plus de sont talent de joueur, Moss est aussi un joueur ultra-passionné, le genre de joueur adulé par les fans, et il l’a prouvé à plusieurs reprises. Ainsi même si son rôle purement sportif n’est plus aussi important il reste un leader essentiel du vestiaire. On se souvient notamment la saison dernière quand il se met complètement hors de lui après qu’un touchdown litigieux soit refusé à RGIII.

Finalement Moss n’aura jamais connu la consécration collective avec les Redskins mais c’est une vraie page qui se tourne, il faisait partie du paysage. Il se retire en étant assurément dans le top 10 historique des receveurs de la franchise.

DESTIN BOURGOGNE ET OR (3) – Eddie LeBaron

Destin Bourgogne et Or

3 : Eddie LeBaron, le plus petit Général

Le 1er avril dernier, Eddie LeBaron nous quittait à l’âge de 85 ans. Si il n’est pas le plus célèbre des quarterbacks passés par la franchise, il est par contre un joueur atypique et malgré tout un titulaire solide pendant plusieurs saisons. Difficile de se faire un nom quand on succède au légendaire Sammy Baugh et quand on précède l’excellent Sonny Jurgensen. Pour ce troisième volet de la saga, nous allons donc revenir sur sa carrière.

Edward Wayne LeBaron, deuxième du nom, naît le 7 janvier 1930 à San Rafael, en Californie. A l’échelon universitaire il joue pour le College of the Pacific à Stockton* où il entre en tant que freshman dès 16 ans. Il joue chaque snap. Quarterback en attaque, safety en défense et punter en équipe spéciale. Tiens, ça ne vous rappelle pas un certain Sammy Baugh ? En 1949, lors de la dernière de ses quatre années à la fac, il fait partie de la sélection All American.

Les Redskins le sélectionnent avec le 123ème choix de la draft 1950, mais il part aussitôt accomplir son service militaire dans la guerre de Corée, d’où il revient décoré de la médaille de bronze pour ses actions héroïques. Ce côté courageux se retrouvera dans son jeu, en effet il n’a jamais peur du contact avec les poids lourds de la ligue.

Eddie LeBaron (#14) attend son tour dans la boue

Eddie LeBaron (#14, à gauche) attend son tour dans la boue

Il revient à Washington et réalise sa première saison en 1952, en tant que quarterback et punter. Il a la lourde tâche de remplacer Sammy Baugh, titulaire indiscutable depuis la fin des années 1930 et véritable star de la ligue. Pour porter cette responsabilité, un petit bonhomme d’un mètre soixante dix (5’7″) pour un poids qui tournait autour de 75 kgs. Un véritable poids plume, quand on sait qu’aujourd’hui Russell Wilson, avec dix centimètres de plus, est considéré comme un petit quarterback. LeBaron a d’ailleurs parfois dû mentir sur sa taille, et certains avaient bien du mal à le croire quand il affirmait être quarterback en NFL. Pourtant, LeBaron est loin d’être ridicule, très mobile, il sait éviter les monstres de muscles qui se ruent sur lui, et ses passes sont souvent précises. Assez en tout cas pour garder sa place de titulaire l’année suivante.

En 1954 il décide de suivre son coach universitaire en CFL, accompagné également par Gene Brito. Deux grosses pertes pour les Redskins, mais après une saison avec les Stampeders de Calgary, ils reviennent au bercail en 1955.

LeBaron cesse d’être punter en 1956, mais reste titulaire au poste de quarterback jusqu’en 1959. En tout il aura lancé pour plus de 8000 yards et 59 touchdowns sous l’uniforme bourgogne et or. Il est notamment réputé pour maîtriser à merveille l’arme de la play-action (feinte de course, puis passe). Malheureusement pour lui il s’agit d’une très mauvaise période sportive pour les Redskins qui jamais n’obtiendront de fiche positive avec lui.

Eddie LeBaron

Eddie LeBaron

En 1960 il rejoint les Cowboys avec qui il termine sa carrière en 1963, après quatre nouvelles saisons en tant que titulaire.

Si son jeu comportait beaucoup de déchets (88 interceptions avec les Redskins, dans une période où tout de même les ratios TD/INTs étaient bien moins avantageux que pour les QBs d’aujourd’hui) il a tout de même montré qu’on pouvait s’imposer en NFL en dehors des standards. Il parait cependant difficile d’imaginer tel miracle se reproduire dans la ligue moderne, tant la dimension physique a pris de l’ampleur en quelques décennies.

Toujours est il que celui qu’on a surnommé « le plus petit Général », autant pour sa taille que pour son passé de militaire, reste un joueur important de la franchise, en témoignent ses quatre sélections au pro Bowl (dont trois avec les Redskins : 1955, 57 et 58) et sa sélection parmi les 80 greatest Redskins.

*
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Destin Bourgogne et Or (2) – Timmy Smith

Destin Bourgogne et Or

2 : Timmy Smith, One shot wonder

Deuxième épisode de cette saga sur les personnages marquants de la franchise, celui ci vous surprendra peut être, peut être n’en avez vous jamais entendu parlé ; il s’agit de Timmy Smith. Si vous avez vu le Superbowl XXII en revanche, vous le connaissez forcément. Il y a des joueurs qui brillent une saison avant de disparaître, et puis il y a des joueurs, comme Smith, qui survolent un match – et quel match – avant de complètement se faire oublier.

Timothy LaRay Smith, de son nom complet, est né le 21 janvier 1964 à Hobbs, au Nouveau Mexique. Il joue au collège à Texas Tech, et malgré une blessure au genou lors de sa saison junior puis à la cheville lors de sa saison senior, Joe Gibbs et Boby Beathard (le General Manager de l’époque) voient en lui assez de potentiel pour le drafter au cinquième tour, avec le 117ème choix de la draft. Ce choix est assez surprenant à l’époque, car en plus du passif de blessures de Smith, les Redskins comptent déjà dans leurs rangs deux talentueux running backs, qui sont le fameux George Rogers, et le polyvalent Kelvin Bryant. Lui même ne s’attendait pas être drafté, et encore moins par la franchise de Washington. On l’a ainsi réveillé dans son sommeil pour lui annoncer la nouvelle, et il se serait exclamé « mais pourquoi les Redskins ? » en se demandant la raison de ce choix malgré un effectif déjà bien fourni.

Timmy Smith surclasse la défense des Broncos

Timmy Smith surclasse la défense des Broncos

Et la saison régulière lui donne presque raison puisqu’il ne contribue que très peu à l’excellent parcours de son équipe. Il cumule en tout 126 yards en 29 courses et aucun touchdown. Mais les pépins physiques rattrapent Rogers et donne l’opportunité à Smith de s’exprimer en postseason. En deux matchs il court pour 138 yards, soit plus que sur l’ensemble de sa saison régulière. Mais il ne va pas s’arrêter là. Après un rodage face aux Bears et Vikings, il va sortir le match de sa vie face aux Broncos de John Elway, lors du Superbowl XXII. Il ne court pas moins de 204 yards, dont un touchdown de 58 yards ! Il survole le match, profitant des trous ouverts par sa redoutable ligne offensive (les fameux « hogs » de l’époque) pour placer des accélérations qui laissent sur place les défenseurs de Denver. Ces 204 yards gagnés à la course constituent un nouveau record pour la finale du championnat NFL, le précédent étant détenu par Marcus Allen qui avait couru 191 yards pour les Raiders contre… les Redskins, quatre ans plus tôt. A l’heure actuelle, aucun running back n’a encore fait mieux et ce record tient toujours. Sur le seul deuxième quart temps, connu comme le plus prolifique pour une équipe lors d’un superbowl, Smith court pour 122 yards.

A propos de son touchdown de 58 yards, Timmy Smith déclare plus tard :

« Je peux me rappeler de ce jeu. C’est un counter gap, je pense que chaque équipe universitaire et de NFL l’appelle maintenant. Je ferme les yeux et la seule chose que je vois c’est Joe Jacoby et Raleigh McKenzie qui poussent devant moi et plus rien en face de moi qu’un espace libre. »

Les meilleurs moments de son match sont dans la compilation ci dessous.

Les Redskins l’emportent finalement 42-10 mais Smith ne sera pas pour autant élu MVP du match, la récompense revient à Doug Williams, qui devient alors le premier quarterback afro-américain à remporter le titre suprême.

Après cette performance exceptionnelle on peut s’attendre à une grosse carrière, mais non… Blessures et problèmes de drogue vont ruiner le reste de sa carrière. Il court encore pour 470 yards et 3 touchdowns l’année suivante, et puis plus rien. Il tente de rebondir chez les Chargers, puis Cowboys, mais il ne jouera en fait plus jamais. En 2005 il est arrêté puis condamné pour vente de cocaïne à Denver. Denver contre qui il avait brillé, Denver où il a sombré.


Source statistiques : http://www.pro-football-reference.com

Source déclaration : http://articles.latimes.com/1993-01-27/news/ss-2029_1_super-bowl-xxvii

NFC Eastory : Les Années 1970 (5)

NFC Eastory : Les Années 1970

Retour vers les sommets avec Allen

                Avec ses franchises historiques, ses rivalités animées, ses fans acharnés et ses moments dramatiques, la NFC East est sans aucun doute la division la plus représentative de ce qui fait du football américain le sport le plus populaire des États-Unis. Pour cette raison, les blogueurs francophones de la NFC East vous invitent à découvrir les moments incroyables qui ont forgé la renommée de cette fantastique division.

               Tout au long de la saison, Gauthier de Big Blue Blog, Martin de Bourgogne et Or, Maxime & Hughes de Dallas Cowboys France et Aurélien de Philadelphia Eagles France publieront simultanément sur leurs blogs respectifs une série d’articles, chacun racontant en détails une décennie de l’histoire de leur franchise, des années 30 à maintenant.

                 La décennie 1970 est donc la première de l’après Preston-Marshall. C’est aussi, sur le plan sportif, un retour sur le devant de la scène.

                Mais l’année 1970 n’est pas encore dans cette dynamique, c’est tragiquement qu’elle commence. En effet, avant même le début de la saison, Vince Lombardi (qui avait ramené les Redskins à un bilan positif l’année précédente) décède. C’est le coach de la ligne offensive, Bill Austin, qui prend le relais. La saison est décevante, avec un bilan final de 6 victoires pour 8 défaites, la faute à un mois de novembre catastrophique. Après une éphémère séparation en 1969, les quatre équipes de la NFC East actuelle sont à nouveau rassemblées dans une division à cinq franchise qui comprend également les Cardinals de Saint Louis. Les Redskins perdent leurs rencontres contre les Cowboys et Giants mais s’imposent deux fois contre les Eagles. Il s’agit aussi de la dernière année où Sonny Jurgensen est titulaire sur une saison complète. Il lance pour 2323 yards et 23 touchdowns, soit le deuxième meilleur total de la ligue. Il domine également la ligue en pourcentage de passes complétées (59.9%). L’autre star de l’équipe, c’est le joueur de deuxième année Larry Brown, déjà très en vue lors de sa saison rookie. En 1970 il est tout simplement le meilleur coureur de la ligue en gain de yards (1125). Il devient aussi le premier running back à courir plus de 1000 yards dans l’Histoire de la franchise et remporte le titre de meilleur coureur de la NFL, que seul Cliff Battles avait remporté avant lui pour les Redskins. Dans les airs, WR Charley Taylor et TE Jerry Smith restent les meilleures armes de Jurgensen avec 17 touchdowns réceptionnés à eux deux.

Jerry Smith

Jerry Smith

                Cette année 1970 est donc dans la continuité de la dernière décennie, et c’est réellement en 1971 que la franchise va prendre un virage important. La franchise engage George Allen en tant que head coach et general manager. La philosophie de Allen est de faire joueur des joueurs confirmés plutôt que des jeunes. Il trade par exemple bon nombre de ses choix de draft. L’équipe devint donc sous son ère la plus vieille de la ligue. Celui-ci va redresser la franchise et en faire une des valeurs sûres des années 1970.

                En effet, dès la première saison, les Redskins se qualifient pour les playoffs. Allen débute avec cinq victoires consécutives. La deuxième moitié de saison est moins dominante et les Redskins laissent échapper de peu le titre de division à leurs meilleurs ennemis, les Cowboys de Tom Landry, futurs vainqueurs du Superbowl. Les Redskins échouent eux de peu        au premier tour des playoffs en s’inclinant 20-24 face aux 49ers. Washington avait pris le dessus en première mi-temps avant de se faire dépasser en seconde. Au poste de quarterback, Allen fait confiance à Billy Kilmer qui restera son quarterback titulaire durant sa présence à Washington. Sa meilleure cible durant cette année sera Roy Jefferson, receveur en provenance des voisins de Baltimore. Au sol, Brown amasse encore 948 yards. On notera aussi que le kicker Curt Knight mène la ligue en nombre de field goal réussis (29). Le defensive back Mike Bass réussit lui 8 interceptions (troisième total de la NFL).

Mike Bass (numéro 41)

Mike Bass (numéro 41)

                En 1972, au sommet de la rivalité, Redskins et Cowboys se disputent encore la tête de la division. Cette fois ci les Redskins prennent le meilleur, avec un bilan de 11 victoires pour 3 défaites. Au premier tour des playoffs, les Redskins affrontent les Packers et leur duo de running backs (Brockington et MacArthur) redoutable dans une saison déjà résolument tournée vers l’attaque au sol et le combat des tranchées. Pour stopper ce jeu de course, Allen aligne 5 joueurs sur sa ligne défensive, ce qui est une réussite puisque les Redskins éteignent l’attaque de Green Bay et s’imposent 16 à 3. La finale de conférence se joue alors… face aux Cowboys ! Un des matchs qui a marqué la rivalité. Les deux équipes l’ont emporté chacune à domicile lors de matchs serrés pendant la saison régulière. Mais cette fois ci, les Redskins ne laissent aucune chance aux Cowboys et s’imposent 26 à 3 au RFK stadium. Comme contre les Packers, le kicker Knight est parfait, à 4/4. Offensivement, le trio Kilmer, Taylor et Brown fonctionne à plein régime. Washington remporte surtout le duel physique, asphyxiant totalement l’attaque de Dallas. Retour sur match marquant dans la vidéo ci dessous. 

                La franchise tient donc sa première opportunité de remporter un Superbowl. Il s’agit du Superbowl VII qui se dispute à Los Angeles face aux Dolphins de Miami le 14 janvier 1973. Les Dolphins qui arrivent d’ailleurs invaincus à ce rendez-vous. Les Redskins n’arrêteront pas cette série, s’inclinant 14-7, dans un match où l’attaque a été complètement réduite au silence, le seul touchdown de Washington étant à mettre au crédit de Mike Bass, sur un fumble recouvert suivant un fieldgoal manqué par Miami. Il permet alors à l’équipe de revenir à 7-14 alors qu’il ne reste que quelques minutes à jouer dans le quatrième quart-temps.  Les Redskins récupèrent une dernière fois le cuir avec un peu moins de deux minutes à jouer, mais Billy Killmer ne trouve pas ses receveurs et finit par se faire sacker sur le 4th down.

             1             2             3             4             Total
MIA       7             7             0             0             14
WAS      0             0             0             7             7

                Sur le plan individuel, Larry Brown est tout de même élu MVP de la saison. Il cumule 1216 yards, soit son meilleur total en  carrière et le deuxième de la saison, derrière un certain OJ Simpson. Killmer domine quant à lui la NFL en touchdowns lancés, avec un total de 19. Le linebacker Chris Hanburger réalise lui une grosse saison du côté de la défense et se pose comme le successeur de Sam Huff. Il est d’ailleurs désormais entré au Hall of Fame.                La franchise manque donc le titre, qui revient à Don Shula, lui qui avait terminé sa carrière de joueur à washington.

                En 1973, Allen mène les Redskins en playoffs pour la troisième année consécutive. Encore une fois, les Cowboys sont les principaux rivaux. Les deux franchises terminent avec un bilan identique de 10 victoires pour 4 défaites et une nouvelle chaque équipe a remporté la confrontation à domicile. En playoffs, les Redskins se frottent aux Vikings, et ils s’y piquent. Défaite 27 à 20 face à Fran Tarkenton et ses compères. Au niveau individuel, pas de grosses révélations. Le kick-returner Herbert Felton Mul-Key est tout de même sélectionné pour le pro-bowl grâce à ses 1114 yards retournés.

Le look très funky de Herbert Felton Mul-Key

Le très funky Herb Mul-Key

                La saison 1974 est presque une copie conforme de la précédente, à l’exception que cette fois les Cowboys laissent filer les playoffs. Les Redskins terminent une nouvelle fois avec un bilan de 10 victoires et 4 défaites, soit le même que les Cardinals qui remportent toutefois la division grâce à leurs victoires sur les deux confrontations. En playoffs la franchise se déplace en Californie pour y affronter les Los Angeles Rams. Défaite 19-10 au bout d’un gros combat défensif ponctué par une interception retourné en touchdown de Isiah Robertson qui assoie la victoire de son équipe. A l’instar des Bengals ces dernières années, les Redskins se posent en losers des playoffs. Juste pour l’anecdote, un certain Joe Theismann menait les statistiques de l’équipe pour les retours de punt. Et à l’issu cette saison, Sonny Jurgensen prend sa retraite après 11 saison à Washington.

                Pour la première fois depuis son arrivée dans la capitale, Allen ne parvient pas à qualifier la franchise pour les playoffs en 1975, la faute à deux défaites pour conclure la saison. Les Redskins terminent troisième de la division avec une fiche de 8 victoires et 6 défaites. Cardinals et Cowboys vont en playoffs. Billy Kilmer réalise quand même une bonne saison avec 2440 yards et 23 touchdowns et fait ainsi partie du top 5 des quarterbacks de la NFL. Il fait notamment briller un jeune receveur, en la personne de Frank Grant qui cumule 776 yards et 8 touchdowns. Au sol un autre jeune s’illustre, le rookie Mike Thomas, sélectionné en 108ème position de la dernière draft, qui avec ses 919 yards remporte le titre de rookie offensif de l’année. Ces deux jeunes joueurs poussent doucement Larry Brown et Charley Taylor vers la sortie. Malgré tout, ce dernier devient le leader pour les réceptions en NFL lors du dernier match de la saison face aux Eagles. Il totalise alors 634 réceptions.

Mike Thomas

Mike Thomas, rookie offensif en 1975

                Malgré l’éclosion de jeunes talents comme Thomas, George Allen continue de compter sur des joueurs d’expériences et lors de l’inter-saison 1976 il fait signer le fullback John Riggins, 27 ans, en provenance des New York Jets. Il ne savait pas encore qu’il allait écrire les plus belles pages de l’Histoire de la franchise. Lors de cette saison 1976 on retrouve les trois franchises en forme de la NFC east, c’est-à-dire les Cowboys, Cardinals et Redskins. La première place revient aux Cowboys, alors que les Redskins et Cardinals sont à égalité avec un bilan de 10 victoires pour 4 défaites. C’est finalement la franchise de Washington qui retrouve les playoffs après une petite année d’abstinence, grâce à un meilleur bilan dans la division et notamment deux victoires contre Saint Louis. Mais comme à leur habitude, les protégés de George Allen se loupent en playoffs, éliminés 35 à 20 par les Vikings. A l’entrée du dernier quart-temps, le match était déjà plié avec un score de 35 à 6. L’ultime sursaut des Redskins n’y change rien. Foreman et McClanahan, deux running backs des Vikings ont largement contribué à la victoire des leurs avec chacun plus de 100 yards au compteur.

                A titre individuel, Frank Grant est le seul à se démarquer en tant que receveur. Il gagne en tout 818 yards. Il faut dire que le futur hall-of-famer Charley Taylor ne participe pas à cette saison. Au lancé, Billy Kilmer laisse progressivement sa place à Joe Theismann. Les deux quarterbacks se partagent les snaps. Au sol, Mike Thomas réalise encore une très bonne saison avec 1101 yards. John Riggins court quant à lui pour 572 yards. En défense, pour sa première saison dans l’équipe, Joe Lavender se distingue avec pas moins de 8 interceptions (troisième meilleur total de la ligue). Eddie Brown domine lui la NFL en punt returns, il y cumule 646 yards et un touchdown.

                L’année 1977 est la dernière de George Allen à la tête de l’équipe. Avec un bilan de 9 victoires pour 5 défaites, les Redskins manquent de peu les playoffs. Ils s’inclinent par deux fois contre les Cowboys, qui remportent la division. Le contrat du head coach ne sera alors pas renouvelé. Deux autres grandes figures de la franchise font leurs adieux cette année-là, il s’agit de Charley Taylor et Jerry Smith. Après une année sans jouer, Taylor revient pour une ultime saison discrète, avec seulement 18 yards. Il reste tout de même à ce moment le meilleur receveur de la NFL avec 649 réceptions pour 9110 yards et 79 touchdowns. 10 803 yards combinés et 540 points inscrits en tout. Jerry Smith aussi est très peu utilisé pour sa dernière saison, mais il quitte la ligue en tant que meilleur tight en end au niveau des touchdowns réceptionnés, avec 60 au total.  Ils doivent leurs statistiques monstrueuses à la longévité de leur carrière ainsi qu’à un passeur comme Sonny Jurgensen qui a su les gaver de bons ballons. Témoignage d’une attaque en manque de solutions, la meilleure arme des Redskins se trouvait en 1977 au sein de l’équipe spéciale, avec Eddie Brown qui réalise encore une grosse saison avec 1304 yards en punt et kick return.

Eddie Brown

Eddie Brown

                Un nouveau coach débarque donc en 1978, en la personne de Jack Pardee qui entrainait jusque-là les Bears. Il est bien connu de la franchise puisqu’il y a joué en tant que linebacker entre 1971 et 1973. Il s’agit de la première saison à 16 matchs. Il mène l’équipe à un début de saison canon avec 6 victoires et aucune défaite, puis c’est la dégringolade. Cinq défaites consécutives pour terminer, un bilan neutre de 8-8 et pas de playoffs. Ce sont les Cowboys et Eagles qui se qualifient. L’arrive de Pardee correspond aussi à l’avènement de Joe Theismann qui devient définitivement le quarterback titulaire de la franchise à 29 ans, poste qu’il ne lâchera plus  pendant huit ans. Cette année-là, l’équipe reste tout de même davantage tournée vers la course, avec une grosse saison de John Riggins, qui court pour 1014 yards. Et toujours dans cette grande tradition à Washington, un grand kick et punt returner sévit dans l’équipe. Il s’agit cette fois du rookie Tony Green qui cumule en tout 1484 yards. En défense, le vétéran safety de 33 ans Jake Scott termine sa carrière en réussissant 7 interceptions. Une sortie réussie.

Jack Pardee, joueur puis coach des Redskins

Jack Pardee, joueur puis coach des Redskins

                L’ultime saison de la décennie sera cruelle pour les Redskins. La NFC East s’affirme encore une fois comme l’une des plus relevées. Les Cowboys sont toujours au rendez-vous et les Eagles confirment leur saison précédente. Avant la dernière journée les Redskins affichent un bilan de 10 victoires et 5 défaites. Le même que les Eagles et Cowboys, ces derniers chez qui ils se déplacent pour cette dernière journée aux allures de playoffs. Encore un match historique plein de rebondissements qui a renforcé cette rivalité.

                Les Redskins démarrent fort avec un 17-0. Joe Theismann inscrit un touchdown à la course et en lance un autre pour Benny Malone, tout cela après que le kicker Mark Poseley a montré la voie avec un field goal en début de match. Mais les Cowboys se relancent totalement dans le deuxième quart-temps en inscrivant deux touchdowns et rentrent aux vestiaires avec seulement trois petits points de retard. Au retour des vestiaires, l’attaque des Redskins n’avance plus et ce sont les Cowboys qui reprennent la tête. 21-17 c’est le score à l’entrée du dernier quart temps, qui va être totalement fou. Washington se réveille, un field goal d’abord, puis deux touchdowns au sol par Riggins, dont un de 66 yards. Le score est alors de 34-21 à quelques minutes de la fin de la partie. Mais Roger Staubach n’a pas dit son dernier mot. Il trouve la endzone avec encore un peu plus de deux minutes à jouer. 34-28. Les Redskins doivent grignoter ce qu’il reste du chrono, mais leur attaque, si performante jusque-là, n’y parvient pas. Staubach récupère le cuire avec plus d’une minute et parvient à faire passer son équipe devant avec un nouveau touchdown. Theismann a une dernière chance avec une trentaine de seconde à jouer. Il pense pouvoir donner une opportunité à son kicker, mais après un moment de confusion les arbitres décident que l’ultime time-out a été appelé après que le chrono ait expiré. Les Redskins s’inclinent 35-34. Les Eagles l’emportent aussi, et dans la NFC Central les Bears écrasent leurs adversaires, ce qui leur permet d’atteindre les playoffs (grâce au tie-breaker de l’époque qui privilégie la différence de point) au dépend des Redskins avec le même bilan. Un énorme coup dur résumé dans la vidéo qui suit.

                Personne ne voyait vraiment les Redskins réussir une grande saison cette année-là, mais ils sont passés tout près de l’exploit. Jack Pardee reçoit d’ailleurs le titre de coach de l’année. Ceci notamment grâce aux progrès de Theismann qui a grandement limité ses interceptions, jusque-là son point faible. Il lance pour 2797 yards et 20 touchdowns malgré l’absence de cibles de prestige, la franchise n’ayant toujours pas trouvé le successeur de Charley Taylor. Le patron de l’attaque, c’est John Riggins, qui dépasse encore les 1000 yards. 1153 et 9 touchdowns (ainsi que 3 par les airs) pour être précis.

Theismann confie le cuir à Riggins

Theismann confie le cuir à Riggins

                C’est ainsi que s’achève cette décennie des années 1970, profondément marqué par George Allen et la rivalité avec les Cowboys. Après deux décennies plutôt médiocres, les Redskins ont retrouvé le devant de la scène. Il y aurait de quoi en écrire des pages. Seul manque un titre pour couronner le travail d’Allen. Mais Theismann et Riggins sont les nouveaux leaders d’une franchise qui ne compte pas s’arrêter en si  bon chemin.


 

Focus sur… George Allen

                Beaucoup de joueurs ont marqué les années 1970 des Redskins. On pourrait parler des defensive back comme Pat Fischer ou Mike Bass, des linebackers Chris Hanburger,  Harold McLinton ou Rusty Tillman. On pourrait aussi parler des joueurs de ligne offensive comme George Stark ou Len Hauss ou de ligne défensive comme Bill Brundige ou Diron Talbert. En attaque Larry Brown a également marqué cette décennie, et comment ne pas mentionner l’immense Charley Taylor. Mais c’est finalement sur le coach George Allen que j’ai décidé de m’arrêter, tant cette décennie ne peut être dissociée de lui.

George Allen

George Allen

                George Allen est né le 29 avril 1918 en Virginie. Il n’a pas eu une carrière de joueur de football de haut niveau, il a par contre passé des diplômes d’éducateur physique et a commencé à coacher des équipes  universitaires mineures. Il entre dans le monde de la NFL en 1957 avec les Rams de Los Angeles. Puis dès 1958 il rejoint les Bears de Chicago, en tant que scout, coordinateur défensif.

                Très populaire et plein de succès à Chicago, il aspire à un poste de head coach, mais pour cela il doit aller voir ailleurs. Il revient alors chez les Rams en 1966 avec qui il aura toujours un bilan nettement positif, mais il ne parvient pas à remporter le moindre match de playoffs (deux apparitions en cinq ans). En 1967 il est élu coach de l’année mais il est viré après la saison 1968 suite à des désaccords avec le propriétaire de la franchise, Dan Reeves. Mais les joueurs font pression sur ce dernier, et Reeves finit par céder, proposant à Allen un nouveau contrat de deux ans. Il ne parvient pas à donner le titre tant espéré aux Rams mais il quitte tout de même la franchise avec un meilleur bilan que n’importe quel autre head coach avant lui ici.

Allen en discussion avec ses cadres, Pardee et Hanburger

Allen en discussion avec ses cadres, Pardee et Hanburger

                C’est donc chez les Redskins qu’il rebondit. Après le décès soudain de Lombardi, la franchise cherchait un head coach de gros calibre, et c’est vers Allen qu’ils se sont tournés. On ne reviendra pas en détail sur son parcours à Washington, nous l’avons détaillé plus haut. Allen est un coach qui a maintenu la franchise à un haut niveau pendant toute sa présence, n’ayant jamais un bilan négatif. Seul lui manque ce titre. Il reste aujourd’hui le coach le plus influent que la franchise a connu derrière les deux titrés que sont Ray Flaherty et Joe Gibbs. Son mandat est aussi marqué par une très forte rivalité avec les Cowboys de Landry.

                Après son départ de la capitale, Allen n’occupera plus de fonction importante dans la ligue. Il décède en 1990 à l’âge de 72 ans et est introduit au Hall of Fame en 2002. L’actuel general manager des Redskins, Bruce Allen, est son fils. 


Les années 30 : Giants | Redskins | Eagles |

Les années 40 : Giants | Redskins | Eagles |

Les années 50 : Giants | Redskins | Eagles |

Les années 60 : Giants | Redskins | Eagles | Cowboys

Les années 70 : Giants | Redskins | Eagles | Cowboys

Les années 80 : Giants | Redskins | Eagles | Cowboys

Les années 90 : Giants | Redskins | Eagles | Cowboys

Les années 2000 : Giants | Redskins | Eagles | Cowboys

Les années 2010 : Giants | Redskins | Eagles | Cowboys

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Destin Bourgogne et Or (1) – Ray Flaherty

Destin Bourgogne et Or

1 : Ray Flaherty, celui qui montra la voie

                Dans « Destin Bourgogne et Or », nous reviendrons à chaque fois sur quelqu’un qui a marqué la franchise ; joueur, coach ou autre. Pour ce premier épisode, zoom sur Ray Flaherty.

                Ray Flaherty est né le 1er septembre 1903 dans une ferme dans l’est de l’Etat de Washington. Il grandit dans la ville de Spokane. Il pratique de nombreux sports au lycée Gonzaga puis à l’université de Gonzaga après un court passage à l’université de Washington State. Dans cette université il joue notamment sous les ordres de Gus Dorais, futur coach des Lions de Detroit. Il est ensuite passé pro chez les Los Angeles Wildcats (équipe composée de joueurs exclusivement originaires de l’ouest des rocheuses) puis a joué deux ans pour les New York Yankees. C’est finalement chez les Giants de New York qu’il pose ses valises en 1928. Il joue pour les Giants jusqu’en 1935 avec seulement une interruption en 1930. Il occupait la position de « end », c’est-à-dire qu’il jouait ce qu’on appelle aujourd’hui tight end en attaque et defensive end en défense. Avec les Giants, il remporte le titre en 1934 lors du fameux « sneakers game » où il joue un rôle important puisqu’il a l’idée des baskets pour jouer sur ce sol gelé.  Pour plus de renseignements sur ce match, je vous renvoie notamment vers cet article de Big Blue Blog. Grand esprit du football, Flaherty était à la fois joueur, capitaine et coach assistant lors de ses dernières années avec les Giants.

Ray Flaherty, numéro 1 dans bien des domaines

Ray Flaherty, numéro 1 dans bien des domaines

                Après une dernière année à New York, le propriétaire des Boston Redskins, George Preston Marshall fait appel à lui pour prendre les rênes de son équipe. Et dès sa prise de fonction il se fait remarquer en assurant qu’avec la nouvelle recrue, Wayne Millner, il est assuré d’offrir le titre aux Redskins et que dans le cas contraire il présentera sa démission. Sélectionné seulement au huitième tour de la draft 1936, Millner évolue offensivement au même poste que Flaherty, qui a vu en lui beaucoup de talent, talent qui va se confirmer tout au long de la carrière de Millner, qui entre au Hall of Fame en 1965.

                Malgré tout, les Redskins enregistrent en 1936 une fiche de 7 victoires pour 5 défaites, et si ils remportent leur division, ils échouent sèchement en finale contre les Packers. Mais Flaherty reste en place, il ne quittera pas son poste avant que la guerre ne l’appelle, en 1942.

                Le titre, Flaherty le remporte finalement dès sa deuxième saison, saison charnière dans l’Histoire de cette franchise. L’année sans aucun doute la plus importante. Il s’agit en effet de la première année à Washington suite au déménagement de Boston et également la première année de Sammy Baugh, première grande star de la franchise. Et s’agit donc de l’année du premier titre. Pour la première et dernière année, Flaherty va avoir la chance d’être armé de Sammy Baugh, Cliff Battles et Wayne Millner à trois postes clés de l’attaque. Rien n’arrête l’attaque des Redskins, pas même les Bears – qui dominent la ligue durant ces années – en finale, battus 28 à 21 (pour plus de détails sur ce match voir l’article NFC Eastory : Années 1930). Ray Flaherty restera donc comme le premier coach à avoir offert le titre suprême à la franchise.

Ray Flaherty et George Preston Marshall

Ray Flaherty et George Preston Marshall

                Durant cette finale, avec son quarterback vedette Sammy Baugh, il invente aussi la screen pass, qui est aujourd’hui un jeu standard en NFL, mais qui est à l’époque complètement nouvelle et à laquelle les Bears n’ont pas de réponses. Si Flaherty met ce jeu en place ce n’est pas par hasard. Son quarterback rookie s’est révélé être le meilleur passeur que la ligue n’ai jamais vu. Pour contrer cela les Bears mettent en place un pass rush incessant afin d’asphyxier Baugh. Mais Flaherty songe alors à cette screen-pass pour prendre le blitz à contre-pied.

« Ils se cassaient le cou à essayer d’atteindre Baugh. C’est ce qui a fait marcher la passe écran » explique le coach de Washington.

                Wayne Millner cumule par exemple ce jour-là 160 yards en réceptions, énorme à une époque où le jeu de passe était marginal.

                En 1938 Ray perd deux fois face à son ancienne équipe, les Giants, et leur laisse le titre de division. Même chose l’année suivante, avec une défaite dramatique lors de la dernière journée qui coûte la première place de la division. A croire qu’il aime encore faire triompher New York.

                Finalement enfin en 1940 il remet les Redskins au somment de la division à l’issu d’une saison largement dominée. Mais lors de la finale face aux inévitables Bears, c’est la catastrophe, une défaite 73-0, qui reste un record à ce jour…

                Après une médiocre saison 1941, Flaherty redore finalement le blason de la franchise lors de sa dernière saison à Washington. Après avoir aisément remporté la division les Redskins affrontent (encore) les Bears qui ont tout écrasé sur leur passage (11 matchs, 11 victoires, 376 points marqués, 84 encaissés) et qui semblent encore plus intouchables que deux ans auparavant. Pourtant cette folle attaque des Bears ne marquera pas le moindre point, complètement étouffée par la défense de Flaherty. Là encore, pour davantage de détails sur ce match, vous pouvez consulter l’article NFC Eastory : Les années 1940.

Flaherty entouré de Dick Todd et Sammy Baugh

Flaherty entouré de Dick Todd et Sammy Baugh

                Le coach quitte la franchise sur ce brillant succès et s’engage dans l’armée américaine pour la seconde guerre mondiale. Malgré une proposition de Marshall, il ne reviendra pas ensuite. Ses relations avec le propriétaire au tempérament envahissant semblaient d’ailleurs parfois compliquées. Il précise un jour à propos de Marshall :

« Il est descendu sur le banc un jour et je l’ai renvoyé dans les tribunes. Il n’est plus jamais redescendu. »

                Flaherty reste donc aujourd’hui le seul coach avec Joe Gibbs à avoir fait triompher la franchise et bien sûr à jamais le premier. Charisme et esprit tactique, il a su laisser sa marque. Il est introduit au Hall of fame en 1976 et il décède en 1994, à l’âge de 90 ans.


 Sources

The Spokesman-Review – 20 juil. 1994. http://news.google.com/newspapers?id=XD8xAAAAIBAJ&sjid=cAoEAAAAIBAJ&pg=6341%2C5252985

Ellensburg Daily Record – 4 sept. 1980. http://news.google.com/newspapers?id=w4dUAAAAIBAJ&sjid=Qo8DAAAAIBAJ&pg=2931%2C4760806

THE COFFIN CORNER: Vol. 6, Nos. 5 & 6 (1984) par Don Smith. https://www.profootballresearchers.org/Coffin_Corner/06-06-186.pdf

Pro Football Reference. http://www.pro-football-reference.com/players/F/FlahRa20.htm

Hall of Famers : Ray Flaherty. http://www.profootballhof.com/hof/member.aspx?PLAYER_ID=68

NFC Eastory : Les années 1960 (4)

NFC Eastory : Les années 1960

La dernière décennie Marshall

           

            Avec ses franchises historiques, ses rivalités animées, ses fans acharnés et ses moments dramatiques, la NFC East est sans aucun doute la division la plus représentative de ce qui fait du football américain le sport le plus populaire des États-Unis. Pour cette raison, les blogueurs francophones de la NFC East vous invitent à découvrir les moments incroyables qui ont forgé la renommée de cette fantastique division.

            Tout au long de la saison, Gauthier de Big Blue Blog, Martin de Bourgogne et Or, Maxime & Hughes de Dallas Cowboys France et Aurélien de Philadelphia Eagles France publieront simultanément sur leurs blogs respectifs une série d’articles, chacun racontant en détails une décennie de l’histoire de leur franchise, des années 30 à maintenant.

Nouveau stade, nouveau rival

L’année 1960 est la dernière jouée au Griffith Stadium par les Redskins. Elle est aussi l’année qui marque l’entrée des Dallas Cowboys dans la ligue. Les deux franchises vont devenir parmi les pires ennemis de la ligue. Les Redskins étaient en effet installés télé-visuellement dans le sud et la création des Cowboys à Dallas n’était pas vue d’un bon œil par le propriétaire, Marshall. Une rivalité était ainsi née, et elle perdurera sur le terrain.

Pour ce qui est du sportif, l’année 1960 est dans la lignée de la décennie précédente, un échec. Avec encore Mike Nixon à sa tête, l’équipe ne remporte qu’un match, contre… les Dallas Cowboys. Les Redskins terminent bon dernier de leur conférence.

L’année 1961 débute donc avec un nouveau stade tout simplement appelé DC stadium dans un premier temps (il change pour RFK memorial stadium en 1969). Un nouveau coach débarque également en la personne de Bill McPeak. Mais une nouvelle fois la saison est un désastre, les Cowboys sont encore la seule équipe contre laquelle les Redskins ne perdent pas, avec une victoire et un nul. Un nouveau quarterback s’installe, il s’agit de Norm Sead qui lance pour 2337 yards. Il reste cependant loin des 3723 d’un certain Sonny Jurgensen qui domine largement la ligue cette année-là, avec les Eagles.

Sonny Jurgensen

Sonny Jurgensen

1962 marque un nouveau tournant symbolique. Si les Redskins ont été pionniers dans beaucoup domaine celui de la diversité n’en fait pas partie, bien au contraire. En effet, George Preston Marshall est profondément raciste et a longtemps refusé d’intégrer des afro-américains dans son équipe. Il y avait déjà eu plusieurs amérindiens, mais jamais d’afro-américains. Mais pour la première fois en 1962, ils seront trois à porter les couleurs bordeaux et or des Redskins. La franchise sélectionne d’abord Ernie Davis (Heismann trophy qui malheuresement décèdera d’une leucémie avant même de jouer un match en NFL) au premier tour, et l’échange contre Bobby Mitchell, autre running back afro-américain, et futur hall of famer. La franchise sélectionne également Ron Hatcher (Marshall refusera cependant de poser avec lui pour la photo) au 8ème tour de la draft, mais celui-ci sera coupé juste avant le début de la saison régulière. Enfin, le halfback Leroy Jackson et le guard John Nisby sont les deux autres joueurs noirs intégrés à l’équipe en 1962.

Côté football la saison est moins mauvaise que les précédentes, mais reste décevante, avec un bilan de 5 victoires, 7 défaites et 2 nuls. La seule vraie réussite est la conversion de Bobby Mitchell en receveur. Avec 1384 yards il domine la ligue dans ce domaine. Il réceptionne aussi 11 touchdowns, plus un autre au sol. Dick James perpétue quant à lui la tradition des bons spécialistes retour de coups de pied dans la capitale. Avec 889 yards en kick return, il se classe second de la ligue dans cette catégorie.

Bobby Mitchell

Bobby Mitchell

La saison 1963 est à nouveau catastrophique avec seulement 3 victoires pour 11 défaites (notamment contre les Cowboys et Eagles). Avec 1436 yards, Bobby Mitchell est une fois de plus le meilleur receveur de NFL. Il réceptionne notamment une passe pour 99 yards, ce qui est évidemment le plus long touchdown de la ligue. Il est aussi le seul receveur à plus 100 yards par match en moyenne.

Sonny Jurgensen pose sa marque

En 1964, un nouveau trade va marquer la franchise pour de nombreuses années. Il s’agit de l’acquisition du quarterback Sonny Jurgensen en provenance de Philadelphie. Norm Snead fait le chemin inverse. Un autre échange envoie Dick James chez les New York Giants alors que le linebacker Sam Huff vient lui dans la capitale. Il deviendra un joueur clé de l’équipe et sera inclus au Hall of fame en 1982.

Sam Huff

Sam Huff

Cette saison 1964 n’est une de plus pas grandiose. Les Redskins remportent 6 matchs pour 8 défaites. Sonny Jurgensen bat notamment ses anciens coéquipiers des Eagles par deux fois, scorant 4 touchdowns lors de la première confrontation entre les deux équipes. Mais 4 défaites consécutives dès le début de saison n’ont permis aucun espoir. Jurgensen offre tout de même 24 touchdowns et lance en tout pour 2934 yards, soit le deuxième meilleur total de la ligue. Le rookie Charley Taylor, 3ème pick de la draft, réussit lui aussi une saison d’exception. Il gagne 814 yards en réception et 755 autres à la course et inscrit 10 touchdowns en tout. Suffisant pour être élu rookie de l’année. Bobby Mitchell réussit encore une belle saison avec 10 touchdowns réceptionnés et 904 yards. Enfin, Paul Krause est le meilleur de la ligue en interceptions avec pas moins de 12 balles chipées aux quarterbacks.

Charley Taylor

Charley Taylor

La saison 1965 des Redskins est, comme la précédente, tuée dans l’œuf à cause de 5 défaites pour commencer. Le bilan final est le même que l’année précédente ; 6 victoires et 8 défaites. Bobby Mitchell et Paul Krause réalisent une fois de plus une bonne saison mais collectivement, c’est médiocre.

Après ces nouvelles années de disettes, les Redskins choisissent de se séparer du coack McPeak et engagent l’ancien célèbre quarterback des Browns, Otto Graham, en tant que headcoach. Pour la première fois de la décennie, les Redskins n’ont pas un bilan négatif mais restent tout de même loin de leurs grandes années. L’équipe termine avec un bilan équilibré de 7 victoires et autant de défaites. Avec 3209 yards, Sonny Jurgensen est le quarterback ayant gagné le plus de yards. Il est bien aidé par son duo de receveurs composé de Charley Taylor et Bobby Mitchell qui ont chacun respectivement reçu pour 1119 et 905 yards, 12 et 9 touchdowns. L’attaque sous Sonny Jurgensen est donc résolument tournée vers la passe. La saison est aussi marqué par le record de 72 points inscrits contre les New York Giants le 27 novembre 1966.

En 1967, avec l’addition des New Orleans Saints, les conférences sont divisées en 2 divisions. Les Redskins sont dans la Capitol division, avec les Cowboys, Eagles et Saints. Les performances collectives sont encore moyennes avec seulement 5 victoires, 6 défaites et 3 matchs nuls, mais les Redskins s’imposent comme la meilleure attaque aérienne de la ligue, comme aux plus belles heures de Sammy Baugh. Jurgensen lance pour pas moins de 3747 yards et 31 touchdowns, soit la meilleure saison de sa carrière au niveau des chiffres mais aussi un record NFL. En plus de Bobby Mitchell et Charley Taylor, le tight end Jerry Smith (12 touchdowns) profite aussi des grosses performances de son quarterback. Un trio de receveur se démarque ainsi, les trois joueurs cumulent 2705 yards et 25 touchdowns.

Jurgensen, avec Taylor, Smith et Mitchell, ses receveurs

Jurgensen, avec Taylor, Smith et Mitchell, ses receveurs

Les prémices de la NFC East

Les Giants de New York remplacent les Saints de New Orleans dans la division Capitol en 1968, formant ainsi une division semblable à la NFC East que l’on connait aujourd’hui. Les rivalités actuelles ont ainsi été accentuées ou créées à ce moment. Avec 5 victoires et 9 défaites les Redskins se classent troisième de la division pour la dernière saison de Graham à la tête de la franchise. Même l’attaque des Redskins ne fait plus si peur. Seul Brig Owens et ses 8 interceptions (36 en carrière) se démarque quelque peu.

L’année 1969 est marquée par la mort du propriétaire, George Preston Marshall. Jack Kent Cook prend le relais. Le mythique coach Vince Lombardi est alors embauché. Il n’a jamais été head coach d’une équipe avec un bilan négatif, et il va perpétuer cela avec les Redskins avec 7 victoires contre 5 défaites et 2 nuls. Il s’agit du meilleur bilan depuis 14 ans ! Il échoue cependant à la deuxième place de la division, derrière les Cowboys de Dallas et ne pourra jamais emmener les Redskins plus haut, puisqu’il décède en 1970. Avec plus de 3000 yards Sonny Jurgensen retrouve des couleurs, mais c’est le rookie running back Larry Brown sur qui tous les yeux se tournent. Seulement sélectionné au 8ème tour de la draft (deux autres running backs sont choisis avant lui par les Redskins), il s’impose tout de suite dans l’équipe, gagnant 888 yards au sol, auxquels s’ajoutent 302 yards en réception.

Focus sur… Sonny Jurgensen

Si la décennie des années 1960 n’a pas été meilleure que la précédente collectivement, les Redskins ont tout de même vu passer de grands joueurs dans leurs rangs. Bobby Mitchell, Sam Huff ou Charley Taylor auraient par exemple pu être cités ici, mais c’est sur le quarterback Sonny Jurgensen que nous allons nous arrêter.

Sonny_Jurgensen

Né le 23 aout 1934 en Caroline du nord, c’est d’abord chez les rivaux des Eagles que Sonny Jurgensen fait ses preuves. Il y établit notamment de record de yards lancés sur une saison, record qu’il va lui-même améliorer avec les Redskins. Avant cela c’est par l’université de Duke qu’il était passé. Il n’était pour autant pas le quarterback le plus en vue de sa promotion et n’a été sélectionné qu’au 4ème tour de la draft.

Quarterback assez atypique, il a marqué son époque. Il est d’ailleurs rentré dans le Hall of Fame en 1983. Réputé bon vivant, c’était aussi un quarterback qui n’hésitait pas à prendre des risques dans ses passes. Il est notamment le troisième et dernier quarterback à avoir complété une passe de 99 yards pour les Redskins.

Pure passeur, avec une précision chirurgicale, il a su faire briller ses receveurs et n’avait guère d’égal en son temps. Il a notamment été sélectionné à 5 reprises pour le pro-bowl. En tout il aura lancé pour 32.224 yards et 255 touchdowns en NFL.

Après sa riche carrière, il s’est lancé dans un rôle de consultant télé.


Les années 30 : Giants | Redskins | Eagles |

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Fletcher annonce sa retraite

L’histoire d’un joueur extra et ordinaire.

fletcher

Si je vous demande de me citer un grand linebacker des années 2000 vous allez me dire… Ray Lewis. Et bien moi je vous citerai un autre joueur, même poste, même âge : Mister London Fletcher. Le joueur a annoncé qu’il y a 99% de chances qu’il arrêterait sa carrière à la fin de la saison, et quelle carrière ! Quand il a commencé à jouer pour les Rams, RGIII n’avait que 8 ans. Depuis il n’a pas loupé un seul match NFL, tout simplement exceptionnel.

Et pourtant c’était bien loin d’être gagné. Sa carrière universitaire s’est déroulée dans la modeste université de John Carroll dans l’Ohio. Il jouait simplement en 3ème division, et rien ne semblait donc pouvoir vraiment attirer les yeux des scouts NFL sur lui. Son mètre 78 n’aidait pas non plus. Du coup là où Ray Lewis avait été choisi dès le premier tour, London Fletcher n’a pas été choisi à l’issu des 7 premiers tours. Mais il (ainsi qu’un certain Jeff Saturday) trouve finalement sa chance juste après la draft. Ce sont les Rams qui parient sur lui et le font signer en tant qu’undrafted free agent. Il dit qu’à l’époque il espérait simplement gagner sa place au sein de la practice squad. L’année suivante il était titulaire dans l’équipe qui remportait le superbowl, rien que ça. Lewis l’imitait l’année suivante avec les Ravens.

Si le nom de Fletcher est moins connu, ou moins encensé que celui de Lewis, c’est sans doute parce London est moins expressif et moins grande gueule que Ray. Il a moins mélangé sport et religion et sa vie extra-sportive n’a jamais fait beaucoup parler d’elle. Bref ce sont deux grands champions, l’un étant simplement plus télégénique que l’autre. Mais au niveau des performances sportives, ils sont vraiment très proches, et si l’un d’entre eux devaient aller au Hall of fame, alors l’autre aussi.

Après ses quatre ans chez les Rams, le linebacker est passé cinq ans chez les Bills avant de signer en 2007 chez les Redskins pour qui il joue sa septième saison. Sept saison de bons et loyaux services. Si les performances collectives ont rarement été au rendez-vous, individuellement il n’a rien à se reprocher. Ses coéquipiers et coachs sont unanimes, c’est joueur exceptionnel. Non seulement par ses qualités physiques et techniques, mais aussi et surtout pour son intelligence de jeu. Les joueurs qui jouent à côté de lui peuvent ainsi réellement progresser et le staff le voit comme un véritable relais, un coach sur le terrain, capable de très vite comprendre le jeu. Un vrai joueur de football donc, et pas seulement un athlète.

Certes il décliné sur ses dernières années, mais il restera un joueur qui a marqué la franchise. Son futur sera forcément dans le football, il semble taillé pour être coach. Mais quoiqu’il fasse on lui souhaite bon vent !

254 matchs au compteur, on lui demande juste deux de plus, et une dernière victoire à domicile, face aux Cowboys.