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NFC Eastory : Les Années 1970 (5)

NFC Eastory : Les Années 1970

Retour vers les sommets avec Allen

                Avec ses franchises historiques, ses rivalités animées, ses fans acharnés et ses moments dramatiques, la NFC East est sans aucun doute la division la plus représentative de ce qui fait du football américain le sport le plus populaire des États-Unis. Pour cette raison, les blogueurs francophones de la NFC East vous invitent à découvrir les moments incroyables qui ont forgé la renommée de cette fantastique division.

               Tout au long de la saison, Gauthier de Big Blue Blog, Martin de Bourgogne et Or, Maxime & Hughes de Dallas Cowboys France et Aurélien de Philadelphia Eagles France publieront simultanément sur leurs blogs respectifs une série d’articles, chacun racontant en détails une décennie de l’histoire de leur franchise, des années 30 à maintenant.

                 La décennie 1970 est donc la première de l’après Preston-Marshall. C’est aussi, sur le plan sportif, un retour sur le devant de la scène.

                Mais l’année 1970 n’est pas encore dans cette dynamique, c’est tragiquement qu’elle commence. En effet, avant même le début de la saison, Vince Lombardi (qui avait ramené les Redskins à un bilan positif l’année précédente) décède. C’est le coach de la ligne offensive, Bill Austin, qui prend le relais. La saison est décevante, avec un bilan final de 6 victoires pour 8 défaites, la faute à un mois de novembre catastrophique. Après une éphémère séparation en 1969, les quatre équipes de la NFC East actuelle sont à nouveau rassemblées dans une division à cinq franchise qui comprend également les Cardinals de Saint Louis. Les Redskins perdent leurs rencontres contre les Cowboys et Giants mais s’imposent deux fois contre les Eagles. Il s’agit aussi de la dernière année où Sonny Jurgensen est titulaire sur une saison complète. Il lance pour 2323 yards et 23 touchdowns, soit le deuxième meilleur total de la ligue. Il domine également la ligue en pourcentage de passes complétées (59.9%). L’autre star de l’équipe, c’est le joueur de deuxième année Larry Brown, déjà très en vue lors de sa saison rookie. En 1970 il est tout simplement le meilleur coureur de la ligue en gain de yards (1125). Il devient aussi le premier running back à courir plus de 1000 yards dans l’Histoire de la franchise et remporte le titre de meilleur coureur de la NFL, que seul Cliff Battles avait remporté avant lui pour les Redskins. Dans les airs, WR Charley Taylor et TE Jerry Smith restent les meilleures armes de Jurgensen avec 17 touchdowns réceptionnés à eux deux.

Jerry Smith

Jerry Smith

                Cette année 1970 est donc dans la continuité de la dernière décennie, et c’est réellement en 1971 que la franchise va prendre un virage important. La franchise engage George Allen en tant que head coach et general manager. La philosophie de Allen est de faire joueur des joueurs confirmés plutôt que des jeunes. Il trade par exemple bon nombre de ses choix de draft. L’équipe devint donc sous son ère la plus vieille de la ligue. Celui-ci va redresser la franchise et en faire une des valeurs sûres des années 1970.

                En effet, dès la première saison, les Redskins se qualifient pour les playoffs. Allen débute avec cinq victoires consécutives. La deuxième moitié de saison est moins dominante et les Redskins laissent échapper de peu le titre de division à leurs meilleurs ennemis, les Cowboys de Tom Landry, futurs vainqueurs du Superbowl. Les Redskins échouent eux de peu        au premier tour des playoffs en s’inclinant 20-24 face aux 49ers. Washington avait pris le dessus en première mi-temps avant de se faire dépasser en seconde. Au poste de quarterback, Allen fait confiance à Billy Kilmer qui restera son quarterback titulaire durant sa présence à Washington. Sa meilleure cible durant cette année sera Roy Jefferson, receveur en provenance des voisins de Baltimore. Au sol, Brown amasse encore 948 yards. On notera aussi que le kicker Curt Knight mène la ligue en nombre de field goal réussis (29). Le defensive back Mike Bass réussit lui 8 interceptions (troisième total de la NFL).

Mike Bass (numéro 41)

Mike Bass (numéro 41)

                En 1972, au sommet de la rivalité, Redskins et Cowboys se disputent encore la tête de la division. Cette fois ci les Redskins prennent le meilleur, avec un bilan de 11 victoires pour 3 défaites. Au premier tour des playoffs, les Redskins affrontent les Packers et leur duo de running backs (Brockington et MacArthur) redoutable dans une saison déjà résolument tournée vers l’attaque au sol et le combat des tranchées. Pour stopper ce jeu de course, Allen aligne 5 joueurs sur sa ligne défensive, ce qui est une réussite puisque les Redskins éteignent l’attaque de Green Bay et s’imposent 16 à 3. La finale de conférence se joue alors… face aux Cowboys ! Un des matchs qui a marqué la rivalité. Les deux équipes l’ont emporté chacune à domicile lors de matchs serrés pendant la saison régulière. Mais cette fois ci, les Redskins ne laissent aucune chance aux Cowboys et s’imposent 26 à 3 au RFK stadium. Comme contre les Packers, le kicker Knight est parfait, à 4/4. Offensivement, le trio Kilmer, Taylor et Brown fonctionne à plein régime. Washington remporte surtout le duel physique, asphyxiant totalement l’attaque de Dallas. Retour sur match marquant dans la vidéo ci dessous. 

                La franchise tient donc sa première opportunité de remporter un Superbowl. Il s’agit du Superbowl VII qui se dispute à Los Angeles face aux Dolphins de Miami le 14 janvier 1973. Les Dolphins qui arrivent d’ailleurs invaincus à ce rendez-vous. Les Redskins n’arrêteront pas cette série, s’inclinant 14-7, dans un match où l’attaque a été complètement réduite au silence, le seul touchdown de Washington étant à mettre au crédit de Mike Bass, sur un fumble recouvert suivant un fieldgoal manqué par Miami. Il permet alors à l’équipe de revenir à 7-14 alors qu’il ne reste que quelques minutes à jouer dans le quatrième quart-temps.  Les Redskins récupèrent une dernière fois le cuir avec un peu moins de deux minutes à jouer, mais Billy Killmer ne trouve pas ses receveurs et finit par se faire sacker sur le 4th down.

             1             2             3             4             Total
MIA       7             7             0             0             14
WAS      0             0             0             7             7

                Sur le plan individuel, Larry Brown est tout de même élu MVP de la saison. Il cumule 1216 yards, soit son meilleur total en  carrière et le deuxième de la saison, derrière un certain OJ Simpson. Killmer domine quant à lui la NFL en touchdowns lancés, avec un total de 19. Le linebacker Chris Hanburger réalise lui une grosse saison du côté de la défense et se pose comme le successeur de Sam Huff. Il est d’ailleurs désormais entré au Hall of Fame.                La franchise manque donc le titre, qui revient à Don Shula, lui qui avait terminé sa carrière de joueur à washington.

                En 1973, Allen mène les Redskins en playoffs pour la troisième année consécutive. Encore une fois, les Cowboys sont les principaux rivaux. Les deux franchises terminent avec un bilan identique de 10 victoires pour 4 défaites et une nouvelle chaque équipe a remporté la confrontation à domicile. En playoffs, les Redskins se frottent aux Vikings, et ils s’y piquent. Défaite 27 à 20 face à Fran Tarkenton et ses compères. Au niveau individuel, pas de grosses révélations. Le kick-returner Herbert Felton Mul-Key est tout de même sélectionné pour le pro-bowl grâce à ses 1114 yards retournés.

Le look très funky de Herbert Felton Mul-Key

Le très funky Herb Mul-Key

                La saison 1974 est presque une copie conforme de la précédente, à l’exception que cette fois les Cowboys laissent filer les playoffs. Les Redskins terminent une nouvelle fois avec un bilan de 10 victoires et 4 défaites, soit le même que les Cardinals qui remportent toutefois la division grâce à leurs victoires sur les deux confrontations. En playoffs la franchise se déplace en Californie pour y affronter les Los Angeles Rams. Défaite 19-10 au bout d’un gros combat défensif ponctué par une interception retourné en touchdown de Isiah Robertson qui assoie la victoire de son équipe. A l’instar des Bengals ces dernières années, les Redskins se posent en losers des playoffs. Juste pour l’anecdote, un certain Joe Theismann menait les statistiques de l’équipe pour les retours de punt. Et à l’issu cette saison, Sonny Jurgensen prend sa retraite après 11 saison à Washington.

                Pour la première fois depuis son arrivée dans la capitale, Allen ne parvient pas à qualifier la franchise pour les playoffs en 1975, la faute à deux défaites pour conclure la saison. Les Redskins terminent troisième de la division avec une fiche de 8 victoires et 6 défaites. Cardinals et Cowboys vont en playoffs. Billy Kilmer réalise quand même une bonne saison avec 2440 yards et 23 touchdowns et fait ainsi partie du top 5 des quarterbacks de la NFL. Il fait notamment briller un jeune receveur, en la personne de Frank Grant qui cumule 776 yards et 8 touchdowns. Au sol un autre jeune s’illustre, le rookie Mike Thomas, sélectionné en 108ème position de la dernière draft, qui avec ses 919 yards remporte le titre de rookie offensif de l’année. Ces deux jeunes joueurs poussent doucement Larry Brown et Charley Taylor vers la sortie. Malgré tout, ce dernier devient le leader pour les réceptions en NFL lors du dernier match de la saison face aux Eagles. Il totalise alors 634 réceptions.

Mike Thomas

Mike Thomas, rookie offensif en 1975

                Malgré l’éclosion de jeunes talents comme Thomas, George Allen continue de compter sur des joueurs d’expériences et lors de l’inter-saison 1976 il fait signer le fullback John Riggins, 27 ans, en provenance des New York Jets. Il ne savait pas encore qu’il allait écrire les plus belles pages de l’Histoire de la franchise. Lors de cette saison 1976 on retrouve les trois franchises en forme de la NFC east, c’est-à-dire les Cowboys, Cardinals et Redskins. La première place revient aux Cowboys, alors que les Redskins et Cardinals sont à égalité avec un bilan de 10 victoires pour 4 défaites. C’est finalement la franchise de Washington qui retrouve les playoffs après une petite année d’abstinence, grâce à un meilleur bilan dans la division et notamment deux victoires contre Saint Louis. Mais comme à leur habitude, les protégés de George Allen se loupent en playoffs, éliminés 35 à 20 par les Vikings. A l’entrée du dernier quart-temps, le match était déjà plié avec un score de 35 à 6. L’ultime sursaut des Redskins n’y change rien. Foreman et McClanahan, deux running backs des Vikings ont largement contribué à la victoire des leurs avec chacun plus de 100 yards au compteur.

                A titre individuel, Frank Grant est le seul à se démarquer en tant que receveur. Il gagne en tout 818 yards. Il faut dire que le futur hall-of-famer Charley Taylor ne participe pas à cette saison. Au lancé, Billy Kilmer laisse progressivement sa place à Joe Theismann. Les deux quarterbacks se partagent les snaps. Au sol, Mike Thomas réalise encore une très bonne saison avec 1101 yards. John Riggins court quant à lui pour 572 yards. En défense, pour sa première saison dans l’équipe, Joe Lavender se distingue avec pas moins de 8 interceptions (troisième meilleur total de la ligue). Eddie Brown domine lui la NFL en punt returns, il y cumule 646 yards et un touchdown.

                L’année 1977 est la dernière de George Allen à la tête de l’équipe. Avec un bilan de 9 victoires pour 5 défaites, les Redskins manquent de peu les playoffs. Ils s’inclinent par deux fois contre les Cowboys, qui remportent la division. Le contrat du head coach ne sera alors pas renouvelé. Deux autres grandes figures de la franchise font leurs adieux cette année-là, il s’agit de Charley Taylor et Jerry Smith. Après une année sans jouer, Taylor revient pour une ultime saison discrète, avec seulement 18 yards. Il reste tout de même à ce moment le meilleur receveur de la NFL avec 649 réceptions pour 9110 yards et 79 touchdowns. 10 803 yards combinés et 540 points inscrits en tout. Jerry Smith aussi est très peu utilisé pour sa dernière saison, mais il quitte la ligue en tant que meilleur tight en end au niveau des touchdowns réceptionnés, avec 60 au total.  Ils doivent leurs statistiques monstrueuses à la longévité de leur carrière ainsi qu’à un passeur comme Sonny Jurgensen qui a su les gaver de bons ballons. Témoignage d’une attaque en manque de solutions, la meilleure arme des Redskins se trouvait en 1977 au sein de l’équipe spéciale, avec Eddie Brown qui réalise encore une grosse saison avec 1304 yards en punt et kick return.

Eddie Brown

Eddie Brown

                Un nouveau coach débarque donc en 1978, en la personne de Jack Pardee qui entrainait jusque-là les Bears. Il est bien connu de la franchise puisqu’il y a joué en tant que linebacker entre 1971 et 1973. Il s’agit de la première saison à 16 matchs. Il mène l’équipe à un début de saison canon avec 6 victoires et aucune défaite, puis c’est la dégringolade. Cinq défaites consécutives pour terminer, un bilan neutre de 8-8 et pas de playoffs. Ce sont les Cowboys et Eagles qui se qualifient. L’arrive de Pardee correspond aussi à l’avènement de Joe Theismann qui devient définitivement le quarterback titulaire de la franchise à 29 ans, poste qu’il ne lâchera plus  pendant huit ans. Cette année-là, l’équipe reste tout de même davantage tournée vers la course, avec une grosse saison de John Riggins, qui court pour 1014 yards. Et toujours dans cette grande tradition à Washington, un grand kick et punt returner sévit dans l’équipe. Il s’agit cette fois du rookie Tony Green qui cumule en tout 1484 yards. En défense, le vétéran safety de 33 ans Jake Scott termine sa carrière en réussissant 7 interceptions. Une sortie réussie.

Jack Pardee, joueur puis coach des Redskins

Jack Pardee, joueur puis coach des Redskins

                L’ultime saison de la décennie sera cruelle pour les Redskins. La NFC East s’affirme encore une fois comme l’une des plus relevées. Les Cowboys sont toujours au rendez-vous et les Eagles confirment leur saison précédente. Avant la dernière journée les Redskins affichent un bilan de 10 victoires et 5 défaites. Le même que les Eagles et Cowboys, ces derniers chez qui ils se déplacent pour cette dernière journée aux allures de playoffs. Encore un match historique plein de rebondissements qui a renforcé cette rivalité.

                Les Redskins démarrent fort avec un 17-0. Joe Theismann inscrit un touchdown à la course et en lance un autre pour Benny Malone, tout cela après que le kicker Mark Poseley a montré la voie avec un field goal en début de match. Mais les Cowboys se relancent totalement dans le deuxième quart-temps en inscrivant deux touchdowns et rentrent aux vestiaires avec seulement trois petits points de retard. Au retour des vestiaires, l’attaque des Redskins n’avance plus et ce sont les Cowboys qui reprennent la tête. 21-17 c’est le score à l’entrée du dernier quart temps, qui va être totalement fou. Washington se réveille, un field goal d’abord, puis deux touchdowns au sol par Riggins, dont un de 66 yards. Le score est alors de 34-21 à quelques minutes de la fin de la partie. Mais Roger Staubach n’a pas dit son dernier mot. Il trouve la endzone avec encore un peu plus de deux minutes à jouer. 34-28. Les Redskins doivent grignoter ce qu’il reste du chrono, mais leur attaque, si performante jusque-là, n’y parvient pas. Staubach récupère le cuire avec plus d’une minute et parvient à faire passer son équipe devant avec un nouveau touchdown. Theismann a une dernière chance avec une trentaine de seconde à jouer. Il pense pouvoir donner une opportunité à son kicker, mais après un moment de confusion les arbitres décident que l’ultime time-out a été appelé après que le chrono ait expiré. Les Redskins s’inclinent 35-34. Les Eagles l’emportent aussi, et dans la NFC Central les Bears écrasent leurs adversaires, ce qui leur permet d’atteindre les playoffs (grâce au tie-breaker de l’époque qui privilégie la différence de point) au dépend des Redskins avec le même bilan. Un énorme coup dur résumé dans la vidéo qui suit.

                Personne ne voyait vraiment les Redskins réussir une grande saison cette année-là, mais ils sont passés tout près de l’exploit. Jack Pardee reçoit d’ailleurs le titre de coach de l’année. Ceci notamment grâce aux progrès de Theismann qui a grandement limité ses interceptions, jusque-là son point faible. Il lance pour 2797 yards et 20 touchdowns malgré l’absence de cibles de prestige, la franchise n’ayant toujours pas trouvé le successeur de Charley Taylor. Le patron de l’attaque, c’est John Riggins, qui dépasse encore les 1000 yards. 1153 et 9 touchdowns (ainsi que 3 par les airs) pour être précis.

Theismann confie le cuir à Riggins

Theismann confie le cuir à Riggins

                C’est ainsi que s’achève cette décennie des années 1970, profondément marqué par George Allen et la rivalité avec les Cowboys. Après deux décennies plutôt médiocres, les Redskins ont retrouvé le devant de la scène. Il y aurait de quoi en écrire des pages. Seul manque un titre pour couronner le travail d’Allen. Mais Theismann et Riggins sont les nouveaux leaders d’une franchise qui ne compte pas s’arrêter en si  bon chemin.


 

Focus sur… George Allen

                Beaucoup de joueurs ont marqué les années 1970 des Redskins. On pourrait parler des defensive back comme Pat Fischer ou Mike Bass, des linebackers Chris Hanburger,  Harold McLinton ou Rusty Tillman. On pourrait aussi parler des joueurs de ligne offensive comme George Stark ou Len Hauss ou de ligne défensive comme Bill Brundige ou Diron Talbert. En attaque Larry Brown a également marqué cette décennie, et comment ne pas mentionner l’immense Charley Taylor. Mais c’est finalement sur le coach George Allen que j’ai décidé de m’arrêter, tant cette décennie ne peut être dissociée de lui.

George Allen

George Allen

                George Allen est né le 29 avril 1918 en Virginie. Il n’a pas eu une carrière de joueur de football de haut niveau, il a par contre passé des diplômes d’éducateur physique et a commencé à coacher des équipes  universitaires mineures. Il entre dans le monde de la NFL en 1957 avec les Rams de Los Angeles. Puis dès 1958 il rejoint les Bears de Chicago, en tant que scout, coordinateur défensif.

                Très populaire et plein de succès à Chicago, il aspire à un poste de head coach, mais pour cela il doit aller voir ailleurs. Il revient alors chez les Rams en 1966 avec qui il aura toujours un bilan nettement positif, mais il ne parvient pas à remporter le moindre match de playoffs (deux apparitions en cinq ans). En 1967 il est élu coach de l’année mais il est viré après la saison 1968 suite à des désaccords avec le propriétaire de la franchise, Dan Reeves. Mais les joueurs font pression sur ce dernier, et Reeves finit par céder, proposant à Allen un nouveau contrat de deux ans. Il ne parvient pas à donner le titre tant espéré aux Rams mais il quitte tout de même la franchise avec un meilleur bilan que n’importe quel autre head coach avant lui ici.

Allen en discussion avec ses cadres, Pardee et Hanburger

Allen en discussion avec ses cadres, Pardee et Hanburger

                C’est donc chez les Redskins qu’il rebondit. Après le décès soudain de Lombardi, la franchise cherchait un head coach de gros calibre, et c’est vers Allen qu’ils se sont tournés. On ne reviendra pas en détail sur son parcours à Washington, nous l’avons détaillé plus haut. Allen est un coach qui a maintenu la franchise à un haut niveau pendant toute sa présence, n’ayant jamais un bilan négatif. Seul lui manque ce titre. Il reste aujourd’hui le coach le plus influent que la franchise a connu derrière les deux titrés que sont Ray Flaherty et Joe Gibbs. Son mandat est aussi marqué par une très forte rivalité avec les Cowboys de Landry.

                Après son départ de la capitale, Allen n’occupera plus de fonction importante dans la ligue. Il décède en 1990 à l’âge de 72 ans et est introduit au Hall of Fame en 2002. L’actuel general manager des Redskins, Bruce Allen, est son fils. 


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Statistiques via http://www.pro-football-reference.com/

NFC Eastory : Les années 1960 (4)

NFC Eastory : Les années 1960

La dernière décennie Marshall

           

            Avec ses franchises historiques, ses rivalités animées, ses fans acharnés et ses moments dramatiques, la NFC East est sans aucun doute la division la plus représentative de ce qui fait du football américain le sport le plus populaire des États-Unis. Pour cette raison, les blogueurs francophones de la NFC East vous invitent à découvrir les moments incroyables qui ont forgé la renommée de cette fantastique division.

            Tout au long de la saison, Gauthier de Big Blue Blog, Martin de Bourgogne et Or, Maxime & Hughes de Dallas Cowboys France et Aurélien de Philadelphia Eagles France publieront simultanément sur leurs blogs respectifs une série d’articles, chacun racontant en détails une décennie de l’histoire de leur franchise, des années 30 à maintenant.

Nouveau stade, nouveau rival

L’année 1960 est la dernière jouée au Griffith Stadium par les Redskins. Elle est aussi l’année qui marque l’entrée des Dallas Cowboys dans la ligue. Les deux franchises vont devenir parmi les pires ennemis de la ligue. Les Redskins étaient en effet installés télé-visuellement dans le sud et la création des Cowboys à Dallas n’était pas vue d’un bon œil par le propriétaire, Marshall. Une rivalité était ainsi née, et elle perdurera sur le terrain.

Pour ce qui est du sportif, l’année 1960 est dans la lignée de la décennie précédente, un échec. Avec encore Mike Nixon à sa tête, l’équipe ne remporte qu’un match, contre… les Dallas Cowboys. Les Redskins terminent bon dernier de leur conférence.

L’année 1961 débute donc avec un nouveau stade tout simplement appelé DC stadium dans un premier temps (il change pour RFK memorial stadium en 1969). Un nouveau coach débarque également en la personne de Bill McPeak. Mais une nouvelle fois la saison est un désastre, les Cowboys sont encore la seule équipe contre laquelle les Redskins ne perdent pas, avec une victoire et un nul. Un nouveau quarterback s’installe, il s’agit de Norm Sead qui lance pour 2337 yards. Il reste cependant loin des 3723 d’un certain Sonny Jurgensen qui domine largement la ligue cette année-là, avec les Eagles.

Sonny Jurgensen

Sonny Jurgensen

1962 marque un nouveau tournant symbolique. Si les Redskins ont été pionniers dans beaucoup domaine celui de la diversité n’en fait pas partie, bien au contraire. En effet, George Preston Marshall est profondément raciste et a longtemps refusé d’intégrer des afro-américains dans son équipe. Il y avait déjà eu plusieurs amérindiens, mais jamais d’afro-américains. Mais pour la première fois en 1962, ils seront trois à porter les couleurs bordeaux et or des Redskins. La franchise sélectionne d’abord Ernie Davis (Heismann trophy qui malheuresement décèdera d’une leucémie avant même de jouer un match en NFL) au premier tour, et l’échange contre Bobby Mitchell, autre running back afro-américain, et futur hall of famer. La franchise sélectionne également Ron Hatcher (Marshall refusera cependant de poser avec lui pour la photo) au 8ème tour de la draft, mais celui-ci sera coupé juste avant le début de la saison régulière. Enfin, le halfback Leroy Jackson et le guard John Nisby sont les deux autres joueurs noirs intégrés à l’équipe en 1962.

Côté football la saison est moins mauvaise que les précédentes, mais reste décevante, avec un bilan de 5 victoires, 7 défaites et 2 nuls. La seule vraie réussite est la conversion de Bobby Mitchell en receveur. Avec 1384 yards il domine la ligue dans ce domaine. Il réceptionne aussi 11 touchdowns, plus un autre au sol. Dick James perpétue quant à lui la tradition des bons spécialistes retour de coups de pied dans la capitale. Avec 889 yards en kick return, il se classe second de la ligue dans cette catégorie.

Bobby Mitchell

Bobby Mitchell

La saison 1963 est à nouveau catastrophique avec seulement 3 victoires pour 11 défaites (notamment contre les Cowboys et Eagles). Avec 1436 yards, Bobby Mitchell est une fois de plus le meilleur receveur de NFL. Il réceptionne notamment une passe pour 99 yards, ce qui est évidemment le plus long touchdown de la ligue. Il est aussi le seul receveur à plus 100 yards par match en moyenne.

Sonny Jurgensen pose sa marque

En 1964, un nouveau trade va marquer la franchise pour de nombreuses années. Il s’agit de l’acquisition du quarterback Sonny Jurgensen en provenance de Philadelphie. Norm Snead fait le chemin inverse. Un autre échange envoie Dick James chez les New York Giants alors que le linebacker Sam Huff vient lui dans la capitale. Il deviendra un joueur clé de l’équipe et sera inclus au Hall of fame en 1982.

Sam Huff

Sam Huff

Cette saison 1964 n’est une de plus pas grandiose. Les Redskins remportent 6 matchs pour 8 défaites. Sonny Jurgensen bat notamment ses anciens coéquipiers des Eagles par deux fois, scorant 4 touchdowns lors de la première confrontation entre les deux équipes. Mais 4 défaites consécutives dès le début de saison n’ont permis aucun espoir. Jurgensen offre tout de même 24 touchdowns et lance en tout pour 2934 yards, soit le deuxième meilleur total de la ligue. Le rookie Charley Taylor, 3ème pick de la draft, réussit lui aussi une saison d’exception. Il gagne 814 yards en réception et 755 autres à la course et inscrit 10 touchdowns en tout. Suffisant pour être élu rookie de l’année. Bobby Mitchell réussit encore une belle saison avec 10 touchdowns réceptionnés et 904 yards. Enfin, Paul Krause est le meilleur de la ligue en interceptions avec pas moins de 12 balles chipées aux quarterbacks.

Charley Taylor

Charley Taylor

La saison 1965 des Redskins est, comme la précédente, tuée dans l’œuf à cause de 5 défaites pour commencer. Le bilan final est le même que l’année précédente ; 6 victoires et 8 défaites. Bobby Mitchell et Paul Krause réalisent une fois de plus une bonne saison mais collectivement, c’est médiocre.

Après ces nouvelles années de disettes, les Redskins choisissent de se séparer du coack McPeak et engagent l’ancien célèbre quarterback des Browns, Otto Graham, en tant que headcoach. Pour la première fois de la décennie, les Redskins n’ont pas un bilan négatif mais restent tout de même loin de leurs grandes années. L’équipe termine avec un bilan équilibré de 7 victoires et autant de défaites. Avec 3209 yards, Sonny Jurgensen est le quarterback ayant gagné le plus de yards. Il est bien aidé par son duo de receveurs composé de Charley Taylor et Bobby Mitchell qui ont chacun respectivement reçu pour 1119 et 905 yards, 12 et 9 touchdowns. L’attaque sous Sonny Jurgensen est donc résolument tournée vers la passe. La saison est aussi marqué par le record de 72 points inscrits contre les New York Giants le 27 novembre 1966.

En 1967, avec l’addition des New Orleans Saints, les conférences sont divisées en 2 divisions. Les Redskins sont dans la Capitol division, avec les Cowboys, Eagles et Saints. Les performances collectives sont encore moyennes avec seulement 5 victoires, 6 défaites et 3 matchs nuls, mais les Redskins s’imposent comme la meilleure attaque aérienne de la ligue, comme aux plus belles heures de Sammy Baugh. Jurgensen lance pour pas moins de 3747 yards et 31 touchdowns, soit la meilleure saison de sa carrière au niveau des chiffres mais aussi un record NFL. En plus de Bobby Mitchell et Charley Taylor, le tight end Jerry Smith (12 touchdowns) profite aussi des grosses performances de son quarterback. Un trio de receveur se démarque ainsi, les trois joueurs cumulent 2705 yards et 25 touchdowns.

Jurgensen, avec Taylor, Smith et Mitchell, ses receveurs

Jurgensen, avec Taylor, Smith et Mitchell, ses receveurs

Les prémices de la NFC East

Les Giants de New York remplacent les Saints de New Orleans dans la division Capitol en 1968, formant ainsi une division semblable à la NFC East que l’on connait aujourd’hui. Les rivalités actuelles ont ainsi été accentuées ou créées à ce moment. Avec 5 victoires et 9 défaites les Redskins se classent troisième de la division pour la dernière saison de Graham à la tête de la franchise. Même l’attaque des Redskins ne fait plus si peur. Seul Brig Owens et ses 8 interceptions (36 en carrière) se démarque quelque peu.

L’année 1969 est marquée par la mort du propriétaire, George Preston Marshall. Jack Kent Cook prend le relais. Le mythique coach Vince Lombardi est alors embauché. Il n’a jamais été head coach d’une équipe avec un bilan négatif, et il va perpétuer cela avec les Redskins avec 7 victoires contre 5 défaites et 2 nuls. Il s’agit du meilleur bilan depuis 14 ans ! Il échoue cependant à la deuxième place de la division, derrière les Cowboys de Dallas et ne pourra jamais emmener les Redskins plus haut, puisqu’il décède en 1970. Avec plus de 3000 yards Sonny Jurgensen retrouve des couleurs, mais c’est le rookie running back Larry Brown sur qui tous les yeux se tournent. Seulement sélectionné au 8ème tour de la draft (deux autres running backs sont choisis avant lui par les Redskins), il s’impose tout de suite dans l’équipe, gagnant 888 yards au sol, auxquels s’ajoutent 302 yards en réception.

Focus sur… Sonny Jurgensen

Si la décennie des années 1960 n’a pas été meilleure que la précédente collectivement, les Redskins ont tout de même vu passer de grands joueurs dans leurs rangs. Bobby Mitchell, Sam Huff ou Charley Taylor auraient par exemple pu être cités ici, mais c’est sur le quarterback Sonny Jurgensen que nous allons nous arrêter.

Sonny_Jurgensen

Né le 23 aout 1934 en Caroline du nord, c’est d’abord chez les rivaux des Eagles que Sonny Jurgensen fait ses preuves. Il y établit notamment de record de yards lancés sur une saison, record qu’il va lui-même améliorer avec les Redskins. Avant cela c’est par l’université de Duke qu’il était passé. Il n’était pour autant pas le quarterback le plus en vue de sa promotion et n’a été sélectionné qu’au 4ème tour de la draft.

Quarterback assez atypique, il a marqué son époque. Il est d’ailleurs rentré dans le Hall of Fame en 1983. Réputé bon vivant, c’était aussi un quarterback qui n’hésitait pas à prendre des risques dans ses passes. Il est notamment le troisième et dernier quarterback à avoir complété une passe de 99 yards pour les Redskins.

Pure passeur, avec une précision chirurgicale, il a su faire briller ses receveurs et n’avait guère d’égal en son temps. Il a notamment été sélectionné à 5 reprises pour le pro-bowl. En tout il aura lancé pour 32.224 yards et 255 touchdowns en NFL.

Après sa riche carrière, il s’est lancé dans un rôle de consultant télé.


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NFC Eastory : Les années 1950 (3)

NFCEastory : Les années 1950

Une décennie noire

 

            Avec ses franchises historiques, ses rivalités animées, ses fans acharnés et ses moments dramatiques, la NFC East est sans aucun doute la division la plus représentative de ce qui fait du football américain le sport le plus populaire des États-Unis. Pour cette raison, les blogueurs francophones de la NFC East vous invitent à découvrir les moments incroyables qui ont forgé la renommée de cette fantastique division.

            Tout au long de la saison, Gauthier de Big Blue Blog, Martin de Bourgogne et Or, Maxime & Hughes de Dallas Cowboys France et Aurélien de Philadelphia Eagles France publieront simultanément sur leurs blogs respectifs une série d’articles, chacun racontant en détails une décennie de l’histoire de leur franchise, des années 30 à maintenant.

Défaites à la télé

            L’année 1950 marque un tournant pour la franchise et la ligue en générale. Les Redskins deviennent en effet la première franchise à obtenir la diffusion de leur entière saison via la American Oil Company. Une nouvelle fois, George Preston Marshall inculque un caractère novateur et avant-gardiste à la franchise. Cependant, sportivement la saison des Redskins est un échec. Toujours avec Herman Ball à leurs têtes, les Redskins ne s’imposent que trois fois et terminent bons derniers de leur toute nouvelle American Conference (l’AAFC venait d’être absorbée par la NFL) en concédant notamment 4 défaites contre les Giants et Eagles. Hugh Taylor reste une nouvelle fois l’une des rares satisfactions de la saison, avec 833 yards réceptionnés et 8 touchdowns et reste parmi les meilleurs receveurs de la ligue. Bill Dudley inscrit également son nom dans les statistiques avec un punt retourné pour 96 yards contre les Steelers lors d’une victoire 24 à 7. Il est depuis entré dans le Hall of Fame.

Bill Dudley, sous l'uniforme de l'université de Virginie

Bill Dudley, sous l’uniforme de l’université de Virginie

            1951 repart de la pire des manières, après une série de trois défaites pour commencer la saison, avec une dernière sur le score de 45-0 face aux Browns, Herman Ball est remercié et c’est l’ancien joueur de la franchise, Dick Todd qui prend sa place. Il fait mieux puisqu’il remporte 5 des 9 matchs qu’il coache, mais cela reste insuffisant pour l’équipe qui échoue à la troisième place de la conférence. Une nouvelle fois les Giants s’imposent deux fois contre la franchise de la capitale, tandis que les victoires sont partagées face aux Eagles. Au niveau individuel, Rob Goode est le joueur qui se met le plus en évidence. Le running back cumule 9 touchdowns au sol, soit le plus gros total de la NFL, et il n’est pas loin non plus de mener la ligue en terme de yards parcourus avec 951 au total. De son côté Bill Dudley s’illustre cette fois ci en terme de coup de pieds. Il a le meilleur pourcentage de réussite en fieldgoals.

Rob Goode face aux Eagles

Rob Goode face aux Eagles

Même avec Lambeau ça ne marche plus…

            En 1952, George Preston Marshall veut à nouveau frapper un grand coup et fait signer le mythique coach Curly Lambeau. Malgré deux victoires en fin de saison face aux Giants et Eagles, la saison est cependant un échec, les Redskins terminant derniers de leur conférence. Sammy Baugh fera ses adieux lors du dernier match de la saison, une victoire 27-21 contre Philadelphie. Johnny Williams figure comme le meilleur retourneur de la ligue, avec 852 yards cumulés en punt et kick return. Il retourne notamment deux punts pour touchdowns, en plus d’une interception.

Charlie Justice

Charlie Justice

            La saison 1953 est un peu mieux puisque pour la première fois depuis un moment la franchise termine avec une fiche positive. C’est cependant bien insuffisant pour rivaliser avec les ogres de Cleveland, qui dominent outrageusement la conférence lors de ces années. Jack Scarbath, choisi au premier tour de la draft 1953 a la tâche compliqué de faire oublier le déjà légendaire Sammy Baugh.  Son duo avec le running back Charlie Justice est performant, mais ne peut être comparé à la paire Baugh/Battles ou Baugh/Farkas.

L’ère Kuharich

            L’équipe retombe dans ses travers en 1954. Joe Kuharich remplace Curly Lambeau à la tête de l’équipe, sans plus de résultats. L’équipe retombe dans ses travers pour terminer avec un bilan de 3 victoires pour 9 défaites. Le rookie running back Billy Wells, avec ses 516 yards à la course (dont une course de 88 yards) est l’un des rayons de soleils de cette nouvelle saison terne, tout comme le defensive back Dick Alban avec ses 9 interceptions.

Billy Wells (à gauche, évidemment)

Billy Wells (à gauche, évidemment)

            L’équipe retrouve des couleurs en 1955 en échouant de peu pour les playoffs et Kuharich est même nommé coach de l’année. Les Redskins remportent même le match d’ouverture face aux Browns, une première. La franchise de Cleveland restera tout de même la seule devant les Redskins qui terminent avec une fiche de 8 victoires pour 4 défaites. Lors du deuxième match face aux Eagles, les Redskins vont réussir l’exploit de marquer 21 points en 137 secondes après avoir été menés 16-0. Ils remporteront finalement le match 31 à 30. Le defensive end Gene Brito est l’un des grands artisans de cette bonne saison. Ancien joueur offensif reconverti, il a est une terreur pour les attaques adverses. Il recouvre notamment 6 fumbles dans la saison. En attaque, le halfback Vic Janowicz est une double menace course/réception. Il avait remporté le Heisman trophy (trophée du meilleur joueur universitaire) en 1950 avec Ohio State. Joe Scudero fait perdurer la tradition de bons retourneurs dans la franchise. Il cumule près de 700 yards en kick return, comprenant un touchdown.

Vic Janowicz

Vic Janowicz

            Malheureusement les Redskins ne parviennent pas à s’appuyer là-dessus pour s’élever au niveau supérieur. Ils ne profitent pas non plus de la baisse de régime des Browns en 1956 et d’une division plus ouverte. La saison est compromise après trois défaites de suite lors des premiers matchs. Malgré une fin de saison bien meilleure la franchise échoue à la troisième place avec un  bilan équilibré de 6 victoires et 6 défaites. Leur principal fait d’arme est une victoire face aux Lions de Detroit qui écrasent la conférence ouest depuis plusieurs années.

            La saison suivant est quasi identique, avec un bilan de 5 victoires, 6 défaites et un match nul. Le quarterback Eddie LeBaron, installé maintenant en titulaire depuis quelques saisons, réalise toutefois une de ses saisons les plus accomplies, avec 1500 yards lancés et 11 touchdowns. Au sol le rookie drafté au premier tour, Don Bosseler, réalise aussi une saison correcte, 673 yards et 7 touchdowns (ses meilleurs totaux en carrière).

Eddie Lebaron

Eddie Lebaron

            En 1958, les Redskins s’enfoncent encore un peu plus pour ce qui est la dernière saison de coach Kuharich. L’équipe terminera avec un bilan de 4 victoires pour 7 défaites et un nul.

            Pour la dernière saison de la décennie, c’est Mike Nixon qui prend la tête de l’équipe. La réussite n’est pas au rendez-vous, les Redskins ne remportent que trois matchs. Individuellement, Bill Anderson est l’un des seuls à se mettre en évidence. Le receveur réalise la meilleure saison de sa carrière en cumulant 734 yards (21 yards de moyenne par réception !) et 6 touchdowns.

Bill Anderson

Bill Anderson

            Cette décennie est donc un échec sportivement pour les Redskins. Si elle reste toujours avant-gardiste extra-sportivement, les résultats ne sont eux pas au rendez vous, et les Redskins ne garnissent pas leur sale des trophées pendant ces années 1950.


Focus sur… Gene Brito

            Difficile de se concentrer sur quelqu’un dans cette décennie, il n’y a pas vraiment un joueur qui a été au dessus des autres. J’aurais pu m’arrêter sur le seul hall of famer de la franchise pour cette époque : Bill Dudley, mais je vais finalement m’arrêter (rapidement) sur Gene Brito, Dudley n’ayant fait que terminer sa prestigieuse carrière dans la capitale.

Gene Brito

Gene Brito

            Brito est né en 1925 en Californie. Il joue pour l’université de Loyola Marymount, à Los Angeles et est un athlète complet. Quand les Redskins le draftent en 196ème position de la draft de 1951, c’est pour jouer offensive end (équivalent de la position de tight end aujourd’hui). C’est le poste qu’il occupera jusqu’en 1953. A ce poste il cumulera 618 yards et 2 touchdowns. Rien d’extraordinaire donc, mais c’est ensuite qu’il va se faire un nom. A partir de 1954 il occupe le poste de defensive end et devient un des meilleurs éléments de l’équipe. Chasseur de ballon, il provoque de nombreux fumbles et est un poison pour les attaques adverses.

            Il termine sa carrière aux Rams et meurt peu après, à l’âge de 39 ans. Sa popularité était également due une émission le « Gene Brito show » avant les matchs.

            Il sera intégré aux « 70 greatest Redskins » en 2002.


Rendez vous prochainement pour les années 1960 !

Les années 30 : Giants | Redskins | Eagles |

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NFC Eastory : Années 1940 (2)

NFC Eastory : Les années 1940

La décennie Baugh

           

            Avec ses franchises historiques, ses rivalités animées, ses fans acharnés et ses moments dramatiques, la NFC East est sans aucun doute la division la plus représentative de ce qui fait du football américain le sport le plus populaire des États-Unis. Pour cette raison, les blogueurs francophones de la NFC East vous invitent à découvrir les moments incroyables qui ont forgé la renommée de cette fantastique division.

            Tout au long de la saison, Gauthier de Big Blue Blog, Martin de Bourgogne et Or, Maxime & Hughes de Dallas Cowboys France et Aurélien de Philadelphia Eagles France publieront simultanément sur leurs blogs respectifs une série d’articles, chacun racontant en détails une décennie de l’histoire de leur franchise, des années 30 à maintenant.

La conquête d’un palmarès

            La décennie 1940 s’ouvre de façon prometteuse pour les Redskins, désormais installés parmi les meilleures équipes de la division est. La saison régulière 1940 est encore très bien menée, avec toujours Ray Flaherty à la baguette. Les Redskins remportent leurs sept premiers matchs et s’adjugent la division avec un bilan de neuf victoires pour deux défaites. Ils battent deux fois les Eagles et partagent les victoires avec New York. Le titre se joue face aux Bears de Chicago que les Redskins ont déjà battus 7 à 3 en saison régulière. Sauf que rien ne va se passer comme prévu, et ce match tourne à l’humiliation pour les Redskins. 7 et 3 restent les chiffres du match, mais pour une victoire 73-0 des Bears… Preston Marshall s’était moqué de l’attitude de « pleureuse » des Bears lors de la première confrontation. Ces derniers se sont servis de cela comme motivation pour la finale, avec succès. Le hall-of-famer Turk Edwards termine même sa carrière juste avant le coup d’envoi, après avoir appelé le toss, il se tord le genou en retournant vers sa sideline. Sale match pour les Redskins…

Turk Edwards

Turk Edwards

            Sammy Baugh mène tout de même les statistiques de la ligue dans le jeu passe et les punts. Il cumule le plus de yards à la passe, le plus de touchdowns lancés, la plus longue passe de la saison, la meilleure moyenne de punts et le plus long punt de la saison. Rien que ça. Il jouait également en tant que defensive back, poste auquel il a notamment retourné une interception sur 44 yards.

            La saison 1941 repartait sur de bonnes bases mais finalement une série de quatre défaites consécutives met fin aux espoirs des Redskins. Une dernière victoire contre les Eagles portera le bilan final de 1941 à 6 victoire contre 5 défaites mais elle ne sera même pas célébré, l’attaque contre Pearl Harbor venant d’avoir lieu. Wayne Miller s’engagera d’ailleurs dans l’armée. Cette saison là les Redskins s’inclinent deux fois contre les Giants et battent les Eagles à deux reprises. Baugh a une saison un peu moins bonne à son échelle, il lance notamment un total de 19 interceptions, un maximum dans la ligue cette année-là.

Sammy Baugh

Sammy Baugh

            La saison 1942 est un peu spéciale, les équipes perdant beaucoup de joueurs qui partent à la guerre. Cela reste toutefois une vraie saison de football où les Redskins vont briller. Malgré une défaite frustrante dès le second match face aux Giants (les Redskins s’inclinent 14 à 7 en n’ayant concédé qu’un seul yard offensif), ils vont réaliser une saison quasi-parfaite avec 10 victoires pour une défaite. Et pour la finale les Redskins retrouvent l’équipe invaincue des… Chicago Bears. Il y a donc un air de revanche dans l’air. Et cette fois ci les Redskins répondent présent, étouffant l’attaque des Bears qui ne marquera aucun point, leurs seuls points étant défensifs. A Whasington, devant 36 000 personnes, les Redskins ajoutent donc une seconde ligne à leur palmarès. Les supporters envahissent le terrain et arrachent même les poteaux. Ils avaient raison d’en profiter, il faudra attendre 40 ans pour revoir un nouveau titre dans la capitale.

1 2 3 4 Final
Chicago Bears 0 6 0 0 6
Washington Redskins 0 7 7 0 14

Le premier touchdown des Redskins est pour Wilbur Moore, qui réceptionne une passe de 39 yards de Sammy Baugh. Le deuxième est l’œuvre d’Andy Farkas, sur une course d’un yard.

Andy Farkas, Sammy Baugh et Dick Todd

Andy Farkas, Sammy Baugh et Dick Todd

Ce match est aussi le dernier du coach Ray Flaherty, qui s’engage juste après dans l’armée.

Toujours placés, mais plus gagnants

            Le nouveau coach des Redskins en 1943 se nomme Dutch Bergam. Il mène les Redskins à un nouveau titre de division après une drôle de saison. L’équipe est en effet invaincue après 7 matchs puis s’incline lors des trois derniers. Le premier contre les Steagles (ex Eagles et Steelers) puis les deux derniers contre les Giants, ce qui permet à la franchise de New York de revenir à égalité avec les Redskins. Un match de playoffs a donc lieu pour départager les deux équipes. Il s’agit du troisième match en trois semaines entre les deux équipes. Cette fois les Redskins s’imposent et gagnent donc le droit de participer à une troisième finale consécutive. Et encore une fois ce sont les Bears qui se retrouvent sur leur chemin. Les Redskins ne rééditeront pas l’exploit de l’année précédente et s’inclinent sur le score de 41 à 21. A défaut de mener la ligue dans les statistiques à la passe, Baugh est le meilleur dans l’exercice du punt (comme la plupart des années) et également en termes d’interceptions, avec 11 à son compteur.

            Bergman ne reste pas à la tête de l’équipe, et c’est Dudley DeGroot qui reprend les rênes pour la saison 1944 et la suivante. Cette saison régulière 1944 ressemble beaucoup à la précédente, avec un bon début avant de perdre contre les Eagles puis les deux derniers matchs contre Les Giants qui privent la franchise de playoffs pour la première fois depuis quatre ans. Côté extra-sportif, les Redskins prouvent encore cette année-là leur esprit novateur en devenant la première franchise à avoir un réseau de radio.

            Les Redskins retrouvent la finale dès 1945, après une belle saison à 8 victoires et 2 défaites (dont une contre les Eagles). La finale se joue dans des conditions difficiles, avec une température glaciale (-22°C !). Les Redskins vont s’incliner 15 à 14 après avoir notamment concédé un safety qui a fait beaucoup parlé de lui. Baugh lance une passe depuis sa endzone dans un poteau (ils étaient à l’époque placés sur la ligne d’en-but) et cela est considéré à l’époque comme un safety. Cela coûte deux points à l’équipe et donc finalement le match. La règle sera changée dès la saison suivante. Les Redskins manquent également deux field goal qui auraient pu leur donner la victoire.

Les joueurs glacés sur le banc lors de la finale de 1945

Les joueurs glacés sur le banc lors de la finale de 1945

Le début du déclin

            En 1946, la franchise installe un ancien grand joueur de la maison au poste de head coach. Il s’agit du hall of famer Turk Edwards. Après quatre matchs sans défaites, les Redskins s’inclinent cinq fois sur les sept derniers matchs. Ils affichent un bilan équilibré contre les Giants et Eagles.

            1947 ne fait que confirmer ce déclin, les Redskins finissant avec un bilan négatif (4-8) pour la première fois depuis leur installation à Washington. Pour la première fois aussi ils s’inclinent lors de leurs deux confrontations avec les Eagles. Paradoxalement Sammy Baugh est alors au sommet de son art, planant sur la ligue du haut de ses 25 touchdowns et 2938 yards à la passe. Dans ces deux aspects il domine la ligue. Il a aussi le meilleur tôt de passes complétées (59%). C’est d’ailleurs durant cette saison qu’est célébré un « Sammy Baugh Day » au Griffith Stadium. On lui offre une voiture et il saura être reconnaissant, lançant pour 355 yards et 6 touchdowns !

            La saison 1948 est un peu mieux puisque l’équipe finit avec un bilan positif de sept victoires pour cinq défaites, mais cela est insuffisant pour remporter la division. Les Redskins restent en effet derrière les Eagles contre qui ils ont dû s’incliner à deux reprises. Si Baugh a encore une fois des excellentes statistiques à la passe, un autre joueur se distingue cette année-là. Il s’agit du rookie Dan Sandifer. Excellent kick et punt-returner il se distingue aussi et surtout en défense avec un total de 13 interceptions. C’est à ce moment un record dans la ligue et encore aujourd’hui un record pour la franchise, malgré que les saisons se soient allongées. Il est aussi à égalité pour le record d’interceptions en un seul match avec quatre unités. Il partage notamment ce record avec un certain DeAngelo Hall.

Dan Sandifer et Hugh Taylor

Dan Sandifer et Hugh Taylor

            En 1949, Erman Ball est le nouveau head coach de l’équipe mais ses débuts sont difficiles puisque l’équipe ne remporte que quatre matchs et est encore bien loin de la course au championnat. Hugh Taylor, une valeur montante, est l’une des rares satisfactions de la saison.  Avec ses neuf touchdowns réceptionnés, il se place en effet en tête de la ligue dans ce domaine.

 


Focus sur… Sammy Baugh

            Sammy Baugh est sans doute le plus grand grand joueur ayant porté le maillot des Redskins et aussi un des plus grands joueurs de l’Histoire de la NFL. Performant en défense, un des meilleurs punters de son temps, il a aussi et surtout révolutionné le jeu de passe dans le football de l’époque.

Sammy Baugh

Sammy Baugh

            C’est le 27 mars 1914 que ce futur génie voit le jour au Texas. L’histoire ne dit pas si il portait déjà le casque de cuir. Toujours est-il qu’il va vite trouver sa voix, s’imposant comme un athlète complet à l’université de Texas Christian. Mais c’est bien dans le football qu’il se voit un avenir, et il est drafté au premier tour de la draft 1937 par des Redskins plein d’ambitions, qui viennent d’emménager à Washington. Preston Marshall accepte de lui donner le salaire de 8000$ qu’il demande, même si celui-ci est bien au dessus de ce qui se faisait à l’époque. Lui-même s’est dit gêné en apprenant que les meilleurs joueurs de l’équipe (Battles, Edwards et Millner notamment) ne gagnaient pas la moitié de ça.

            La franchise ne s’est pas trompée, Baugh va avoir une longue et prolifique carrière dans la capitale qu’il ne quittera pas. Quand il se retire en 1952, à 38 ans, il a lancé pour 21886 yards et 187 touchdowns.

Sammy Baugh

Sammy Baugh

            Avant lui, la forward pass, ou passe en avant, n’était utilisée que par nécessité absolue et souvent en désespoir de cause sur des third down. La défense et le jeu au sol étaient les pièces maîtresses du jeu. Avec Baugh la passe en avant est devenue un vrai élément du plan de jeu et une arme redoutable entre ses mains. Malgré le manque de médiatisation de l’époque, il est ainsi devenu en quelques sortes la première star au poste de quarterback, rendant ce rôle plus important que les autres.

            Son surnom de Sammy « Slingin’ » Baugh (le frondeur) rappelle ce geste qu’il a répété tant de fois avec succès pour faire de lui ce passeur de légende.

            Plus que des résultats et des statistiques, il a apporté de la passion au jeu, transformant les spectateurs en véritables fans. L’engouement autour des Redskins a réellement commencé avec lui. Pour la franchise, il détient encore le record de touchdowns lancés (187) et celui de la moyenne de punts (45.1 yards).

            Il est entré au Hall of Fame en 1963 à l’unanimité, ce qui est loin d’être toujours le cas. Il s’est éteint en 2008 à l’âge de 94 ans en laissant une empreinte indélébile sur la seule franchise pour laquelle il a joué.

Vous pouvez trouvez ci-après un mini-reportage intéressant sur Sammy Baugh :


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